‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 14 sur 339 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE GRAND-SEIGISFUR, LLZETTE, ZASKIN, LE MOLPHÏI, GARDES.

ZASKIN , allant chercher Ulzette.

Pour parler à sou cœur, venez , venez Princesse, D'un si juste Empereur embrassez les genoux.

(Zaskin mène Ulzellc aax pieds du grand SeigoeuT.) LE GRAND-SEIGNEDB , la relerant.

Que faites-vous, madame ! ô ciel! y pensez-vous?

ULZETTE.

Oui, Seigneur, vous vovez celle que l'on opprime, A qui , de son amour, le Moupliti (ail un crime.

Ah! ponrricz-vous , Seigneur, jamais nous désunir?

LE GRAND-SEIGNEUR , au Mouphti.

Je ne l'avais point vue , elle est faite à ravir!

LE MOUPHTI.

Je VOUS ai dit tantôt que de cet infidèle

Il fallait la priver, qu'il n'est pas fait pour elle.

LE GRAND-SEIGNEUP.

Non , je ne vis jamais tant d'attraits réunis ! Et de tant de beautés mes yeux sont éblouis J

ZASKO.

Ali ! vous ne voyez pas encore tous ses charmes , Et l'éclat de ses yeux est terni par ses larmes ; Mais rassurez son cœur, vous verrez , à l'instant, Tout ce que la nature a fait de plus charmant!

ULZETTE,

Si vous nous séparez, oui , ma mort est certaine, Elle a seule le droit de briser notre chaîne , Sans elle nul mortel ne peut nous désunir. Et je mourrai bientôt si Zaskin peut mourir. Zasl.in fait mon bonheur, et je lui dois ma vie 3 Je lui dois plus encor : de mes états ravie, J'allais perdre l'honneur, il a su , par son bras , M'enlevanl aux tvrans , risquer tous ses états ; Qui bientôt envahis le laissant sans fortune, Nous a réduits à vivre ici dans la commune.

LE GRAND-SEIGXEUR.

Son sort est trop heureux ; puisqu'ainsi vous l'aimez!

Vous dites vrai, Seigneur, tous mes sens sont charmés! Un seul de ses regards me plonge dans l'ivresse ! Chaque instant fait renaître, augmente ma tendresse; Non , je n'ai rien perdu , mon trône est dans ses yeux. Avec elle partout je me crois dans les cieux.

Lfe GRAND-SEIGNEUR.

Je le pense aisément , mais vous conviendrez , Prince , Que pour tant de beautés ce logement est mince ; Si cette grotte obscure est faite pour l'amour, D'Ulzette les attraits sont faits pour le grand jour ; Je veux la mieux loger ; qu'au sérail on l'emmène.

ÙO ULZETTE ET ZASKI?»,

ZASKIN.

Qa'au sérail ! . . . . La Princessr ?

LE MOVPHTI.

Oni , sa flamme trop vaine M'avait trop insulte^: vous faites bien , Seigneur.

ZASKIN.

Arrêtez.

DLZETTE.

AI»: Zaskin!....

ZASKIN.

Ce^t m'arraclier le cœur I Suspendez votre arrêt.

Emmenez la Princesse.

Le souffrez-vous , Zaskin ?

Comptez sur ma tendresse.

(Les gardes emmènent UIzette.)

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