SCENE III
LE GRAND-SEIGISFUR, LLZETTE, ZASKIN, LE MOLPHÏI, GARDES.
ZASKIN , allant chercher Ulzette.
Pour parler à sou cœur, venez , venez Princesse, D'un si juste Empereur embrassez les genoux.
(Zaskin mène Ulzellc aax pieds du grand SeigoeuT.) LE GRAND-SEIGNEDB , la relerant.
Que faites-vous, madame ! ô ciel! y pensez-vous?
ULZETTE.
Oui, Seigneur, vous vovez celle que l'on opprime, A qui , de son amour, le Moupliti (ail un crime.
Ah! ponrricz-vous , Seigneur, jamais nous désunir?
LE GRAND-SEIGNEUR , au Mouphti.
Je ne l'avais point vue , elle est faite à ravir!
LE MOUPHTI.
Je VOUS ai dit tantôt que de cet infidèle
Il fallait la priver, qu'il n'est pas fait pour elle.
LE GRAND-SEIGNEUP.
Non , je ne vis jamais tant d'attraits réunis ! Et de tant de beautés mes yeux sont éblouis J
ZASKO.
Ali ! vous ne voyez pas encore tous ses charmes , Et l'éclat de ses yeux est terni par ses larmes ; Mais rassurez son cœur, vous verrez , à l'instant, Tout ce que la nature a fait de plus charmant!
ULZETTE,
Si vous nous séparez, oui , ma mort est certaine, Elle a seule le droit de briser notre chaîne , Sans elle nul mortel ne peut nous désunir. Et je mourrai bientôt si Zaskin peut mourir. Zasl.in fait mon bonheur, et je lui dois ma vie 3 Je lui dois plus encor : de mes états ravie, J'allais perdre l'honneur, il a su , par son bras , M'enlevanl aux tvrans , risquer tous ses états ; Qui bientôt envahis le laissant sans fortune, Nous a réduits à vivre ici dans la commune.
LE GRAND-SEIGXEUR.
Son sort est trop heureux ; puisqu'ainsi vous l'aimez!
Vous dites vrai, Seigneur, tous mes sens sont charmés! Un seul de ses regards me plonge dans l'ivresse ! Chaque instant fait renaître, augmente ma tendresse; Non , je n'ai rien perdu , mon trône est dans ses yeux. Avec elle partout je me crois dans les cieux.
Lfe GRAND-SEIGNEUR.
Je le pense aisément , mais vous conviendrez , Prince , Que pour tant de beautés ce logement est mince ; Si cette grotte obscure est faite pour l'amour, D'Ulzette les attraits sont faits pour le grand jour ; Je veux la mieux loger ; qu'au sérail on l'emmène.
ÙO ULZETTE ET ZASKI?»,
ZASKIN.
Qa'au sérail ! . . . . La Princessr ?
LE MOVPHTI.
Oni , sa flamme trop vaine M'avait trop insulte^: vous faites bien , Seigneur.
ZASKIN.
Arrêtez.
DLZETTE.
AI»: Zaskin!....
ZASKIN.
Ce^t m'arraclier le cœur I Suspendez votre arrêt.
Emmenez la Princesse.
Le souffrez-vous , Zaskin ?
Comptez sur ma tendresse.
(Les gardes emmènent UIzette.)