LE GRAND-SEIGNEUR, ZASKIN, LE MOEPIITI, GARDES
LE GRAND- SEIGNKUB.
Quel est votre dessein! que prétendez-vous faire? Comment, Prince, chez moi, frapper dans mes jardins , Un Mouphtil Songez -vous
ZASKIN.
Ah! Seigneur, de njes mains, Il ne périra pas ; non, n'ayez nulle crainte. Apprenez la douleur dont mon àme est atteinte. Je croyais dans ces lieux. , maltraité par le sort , Dans nos malheurs enfin trouver un heureux port , Et qu'ici retrouvant les douceurs de la (^rèce , J'y pourrais vivre heureux, ainsi que la Princesse, Qu'en des jardins anglais régnait la liberté , Que j'y pourrais jouir de la félicité : Mais le Mouphti , jaloux de ce bonheur suprême. Veut m'enlever. Seigneur, le seul objet que j'aime : Il oppose les lois et la religion Pour faire réussir sa dure passion.
Aux lois de Mahomet , si vous pouvez vous rendre , De moi , dans ce séjour, vous pouvez tout attendre.
LE niOUPHTI,
Sa hautesse a raison , eu suivant l'alcoran , On peut jouir ici du bonheur le plus grand.
28 ULZETTE ET ZASKIN ,
ZASKIN.
De celle làclieté je ne suis pas capable,
Le Mouplili , Talcoran , l'enverrais lout au diable
Plutôt que de penser à tenir mon bonlicur
De ce forfait honteux. Convenez-en, Seigneur,
Vous me mépriseriez d'avoir ce'te faiblesse.
LF. GRAND-SEIGNEUR.
Vous consentirez donc à perdre la Princesse?
ZASKIN.
Pour se l'approprier, le Moupliti le voudrait , C'est là tout son d<''sir ; mais avant, il faudrait Que vous connussiez moins la noirceur de son âme, Que vous approuvassiez sa criminelle flamme. Mais je ne le crois pas , un Prince généreux Ne permettra jamais qu'on attente à nos feux, Surtout quand il verra l'objet de ma tendresse.