‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 182 sur 339 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

M. BÉTASSIER, M. GOBERGEAU, LA BRIE.

LA BRIE

Tenez, monsieur, voilà M. Duverdier.

M. BÉTASSIER.

Ah! monsieur, j'ai eu bien de la peine à vous trouver.

C'est que j'étais allé à la chasse. Comment se porte votre père?

M. BÉTASSIER.

Fort bien, monsieur Gobergeau : il vous tait bien ses compliments.

M. GOBERGEAU.

Pom'quoi donc m'appelez-vous M. Gobergeau?

M. BÉTASSIER.

Ah! je vous demande pardon; mais c'est que j'ai parlé tout à riieureà un monsieur qui s'appelait comme cela, et qui vous ressemble beaucoup, mais beaucoup.

M. GOBERGEAU.

Cela n'est pas étonnant, il est mon frère de lait.

M. BÉTASSIER.

Les frères de lait se ressemblent donc dans ce pays-ci?

M. GOBERGEAU.

Comme les jumeaux.

M. BÉTASSIER.

Ah! c'est la même chose?

M. GOBERGEAU.

Sans doute. Je suis bien aise que vous ayez fait faire votre uniforme, je l'avais mandé à votre père.

M. BÉTASSIER.

Il me l'avait bien recommandé, et cela m'a coûté bien cher.

564 l'unïforme

M. GODERGEAU.

Cela ne fait rien. L'argent est fait pour s'en servir.

nr. BÉTASSIER.

Oui, mais plus on peut le garder, et mieux Ton fait.

M. GOBERGEAU.

Fi donc! Est-ce que vous seriez un avare?

M, BÉTASSIER.

Point (lu tout.

M. GOBERGEAU.

A la bonne lieure : car vous ne conviendriez pas à ma filles mais je lui recommanderai de vous former en tout cas. Vous êtes fort riche; en vous alliant avec moi , vous le serez encore davantage.

M. BÉTASSIER.

Cela est bien bon.

ni. GOBERGEAU.

Ainsi , il faudra vous faire honneur de votre bien.

M. BÉTASSIER.

C'est aussi ce que je ferai.

M. GOBERGEAU.

Vous aurez bonne chère chez vous , sans doute?

Oui, en moutons surtout , parce que nous en avons beaucoup ; aussi nous aurons un gigot tous les jours où nous aurons du monde; et les autres jours, des épaules , et tout cela bien rôti.

M, GOBERGEAU.

C'est l'affaire du ménage, ma fille arrangera tout cela mieux que vous. Ah eà , dites-moi , lui avez-vous acheté un carrosse bien commode?

M. BÉTASSIER.

Kon vraiment. Je compte que nous nous en irons par la diligence , où je retiendrai deux places , quand nous serons prêts à partir.

DE CAMPÀGjNE. 565

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