M. GO BERGE AU
Qu'est-ce que cela veut dire, monsieur? vous croyez que je souflrirai que ma fille, quand elle sera madame la présidente Bétassier, arrive à Troyes dans une diligence publique?
M. BÉTASSIER.
Mais écoutez donc , monsieur Duverdier
M. GOBERGEAU.
Non , monsieur B^lnssier, je veux que ma fille fasse la route en poste, et avec beaucoup de monde.
M. BETASSIER.
Mais la diligence va en poste , et avec beaucoup de monde. Il n'y a pas à craindre des voleurs.
M. GOBERGEAU.
Ce n'est pas les voleurs que je crains pour ma fille, elle ne les craint point non plus; d'ailleurs les gens riches sont faits pour être volés , ils le sont tous les jours : il faut s'accoutumer à cela.
M. BÉTASSIER.
Mais je ne l'ai jamais été.
M. GOBERGEAU.
C'est que vous n'avez pas encore eu une maison à vous.
M. BÉTASSIER.
J'espère que j'empêcherai bien qu'on me vole.
M. GOBERGEAU.
Fi donc! Président, vous avez l'àme crasse. Ma fille aura donc une très-bonne voiture à quatre places , tirée par quatre chevaux , et par-dessus tout ce'a une vache.
M. EÉTA.SSIER.
Ah ! je vois bien à présent que vous vous moquez de moi,
M. GOBERGEAU.
Non ,. parbleu , ce sont mes intentions et celles de sa tante.
M. BÉTASSIER.
Mais, monsieur, onn attèle pas une vache avec des chevaux, cela serait vilain. ^
566 l'uniforme
M. GOBERGEAU.
Ignorant! vous ne savez donc pas ce que c'esl qu'une vache?
M. BÉTASSIER.
Ali , ah , ah ! je ne sais pas ce que c'est qu'une vache, moi? un présideut , au grenier à sel encore. (Urit.)
Oui , oui , riez 3 une vache se niel sur l'impériale de la voilure.
M. BÉTASSIER.
Elle doit l'assommer.
M. GOBERGEAU.
Non, car c'est un panier dans lequel on met des rohcs , des bonnets , et toutes les choses dont une femme a besoin.
M. BÉTASSIER.
Je ne comprendrai jamais cela.
ai. GOBERGEAU.
Je le crois bien.
M. BÉTASSIER.
D'ailleurs, jenai pas besoin de nourrir quatre chevaux et une vache quand je serai arrivé à Troyes.
M. GOBERGEAU.
Il le faudra pourtant.