‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 183 sur 339 · M. GO BERGE AU · texte numérisé non relu

M. GO BERGE AU

Qu'est-ce que cela veut dire, monsieur? vous croyez que je souflrirai que ma fille, quand elle sera madame la présidente Bétassier, arrive à Troyes dans une diligence publique?

M. BÉTASSIER.

Mais écoutez donc , monsieur Duverdier

M. GOBERGEAU.

Non , monsieur B^lnssier, je veux que ma fille fasse la route en poste, et avec beaucoup de monde.

M. BETASSIER.

Mais la diligence va en poste , et avec beaucoup de monde. Il n'y a pas à craindre des voleurs.

M. GOBERGEAU.

Ce n'est pas les voleurs que je crains pour ma fille, elle ne les craint point non plus; d'ailleurs les gens riches sont faits pour être volés , ils le sont tous les jours : il faut s'accoutumer à cela.

M. BÉTASSIER.

Mais je ne l'ai jamais été.

M. GOBERGEAU.

C'est que vous n'avez pas encore eu une maison à vous.

M. BÉTASSIER.

J'espère que j'empêcherai bien qu'on me vole.

M. GOBERGEAU.

Fi donc! Président, vous avez l'àme crasse. Ma fille aura donc une très-bonne voiture à quatre places , tirée par quatre chevaux , et par-dessus tout ce'a une vache.

M. EÉTA.SSIER.

Ah ! je vois bien à présent que vous vous moquez de moi,

M. GOBERGEAU.

Non ,. parbleu , ce sont mes intentions et celles de sa tante.

M. BÉTASSIER.

Mais, monsieur, onn attèle pas une vache avec des chevaux, cela serait vilain. ^

566 l'uniforme

M. GOBERGEAU.

Ignorant! vous ne savez donc pas ce que c'esl qu'une vache?

M. BÉTASSIER.

Ali , ah , ah ! je ne sais pas ce que c'est qu'une vache, moi? un présideut , au grenier à sel encore. (Urit.)

Oui , oui , riez 3 une vache se niel sur l'impériale de la voilure.

M. BÉTASSIER.

Elle doit l'assommer.

M. GOBERGEAU.

Non, car c'est un panier dans lequel on met des rohcs , des bonnets , et toutes les choses dont une femme a besoin.

M. BÉTASSIER.

Je ne comprendrai jamais cela.

ai. GOBERGEAU.

Je le crois bien.

M. BÉTASSIER.

D'ailleurs, jenai pas besoin de nourrir quatre chevaux et une vache quand je serai arrivé à Troyes.

M. GOBERGEAU.

Il le faudra pourtant.

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