‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 189 sur 339 · SCENE XIII ET DERNIÈUE · texte numérisé non relu

SCENE XIII ET DERNIÈUE

M"»' PAVARET, M"«BATILDE, M. DUYERDIER,M.

GC)BER(;EAU, m. LANDIER, m. BÉrASblER, M. DE CLA1RV1LLE.

M™« PAVARFT.

Mon frère, je viens vous faire part il'unc resolution que j'ai prise.

M. DUVERDTER.

Et moi , ma sœur, je viens vous présenter M. Bétassier, qui sera mon gendre.

nime PAVARET.

Ah! c'est monsieur?

M. BÉTASSIER.

Oui, madame, c'est moi qui aurai l'honneur....

M. DUVERDIER

Ma fille, saloez monsieur.

M. BÉTASSIER.

Ah ! mademoiselle , ce n'est pas la peine de vous déranger,

M. DUVFBDIER.

Ma sœur, le contrat sera bientôt fait, parce que nous sommes d'accord de tout.

M. BÉTASSIER.

Oui , nous sommes d'accord ; et madame doit être trèssûre que sou bien sera en ircs-bonnes mains.

Bime PAVARET.

Qu'est-ce qu'il dit donc monsieur Bétassier?

M. BÉTASSIER.

Oh ! vous savez bien , madame.

jumc PAVARET.

Je ne comprends pas.

M. GOBERGEAU.

C'est qu'il est fort gai, à ce qu'il parait, M. Bétassier.

DE CAMPAGNE. 5j5

M. BÉTASSIER.

Oui , monsiear, c'est là mon défaut.

M. GOBKRGEAU.

Cependant on n'a pas toujours envie de rire.

M. BÉTASSIER.

Oh I moi , quand je me marie , tout m'est égal.

Mme PAVARET.

A propos de mariage , mon frère , nous pourrons faire nos deux noces le même jour,

M. DUVERDIER

Comment nos deux noces?

Bime PAVARET.

Oui , celle de ma nièce et la mienne.

M. DUVERDIER

Vous vous mariez?

jjime PAVARET.

Oui. Puisque vous ne voulez pas donner votre fille à M. de Clairville quelle aime, je l'épouse, et je lui donne tout mou bien.

M. DUVERDIER

Et VOUS y consentez , vous , monsieur Landier?

M. LANDIER

C'est leur affaire, pourquoi m'y opposerais -je?

Il a raison, tout le monde est ici d'accord.

M. DUVERDIER

En ce cas , monsieur Bétassier, vous êtes trop heureux.

M. BÉTASSIER.

Comment , trop heureux ?

M. DUVERDIER

Oui , je craignais que ma sœur, qui protégeait M. de Clairville , ne s'opposât à votre mariage avec ma fille, et par ce moyen elle n'y met plus d'obstacle.

M. BÉTASSIER.

Cependant, moi j'y en trouve un.

5;G l'umfohme

M. DUVFRDIFR.

Vous êtes sans doute plus «'claire que nous.

M. EF.TASSIER.

Mais cela pourrait ])ien élre; car vous ne voyez pas que si madame donne son bien à monsieur en lépousaut, mademoiselle n'aura ni le monsieur, ni le bien.

M. DUVERDIER

Il est vrai , mais elle vous aura.

M. BÉTASSIER.

Oui , elle m'aurait , si madame lui donnait son bien.

mme PAV.\RET.

Si je lui donne mon bien, ce sera à condition que M. de Clairville l'épousera.

M. BÉTASSTFR.

Ab ! dans ce cas-là vous le lui donneriez?

Bime PAVARET.

Sûrement.

M. BÉTASSIF.R.

Mais vous n'aviez donc pas besoin de moi?

jjme PAVARET.

ISon , monsieur.

M. DUVERDIER

Mais , ma sœur —

njme PAVARFT.

Voyez leparli que vous avez à prendre.

M. DDVERDIFR.

Vous voulez que ma fille épouse absolument Clairville?

Bj.iie PAVKRET.

Oui , mon frère.

M. DUVERDIER

Et vous , monsieur?

M. BÉTASSIER.

Ce sera comme il vous plaira.

M. DrVFRDIER.

Vous êtes bien honnête. En ce cas , j'y consens de tout mon cœur.

DE CAMPAGNE. Syj

m"« batilde.

Ah , ma tante, que je vous ai d'obli^^atlou .'

Hjme PAVARFT.

So^ez heureux, mes eniants , et je serai trop contente.

M. BF.TASSIER.

Je ne vois pas pouniuoi mon père m'a fait venir ici , pour être témoin de tout cela , moi.

M. GOBERGEAU.

Eli ! n'ètes-vous pas trop heureux, de remporter Tuniforme de M. Duverdier à Troyes?

IVl. BFTASSIFR.

Je voudrais ne l'avoir jamais vu , ni porté de ma vie, et je repars tout de suite. (lis en va.)

M. GOPERGEAU.

Parla diligence, sans doute 7

M. DUVERDIFR.

Laissons-le aller ; je suis seule ment fàclié que ce soit un uniforme de moins que je verrai dans ma maison.

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