JEAN LE BLANC
Dites un fripon , de prendre le bien d'autrui.
RAMAGFAU.
Eli bien , oui , il est un Iripon , un coquin , tout ce que vous voudrez; mais je ne suis pas M. Rotor, moi.
GRAND-PIERRE
Oh î que je ne nous payons pas de ces raisons-là!
RAMAGFAU.
Bien loin dètre M. Rotor, je ne suis qu'un comédien , et je m appelle Ramageau.
JEAN LE RLANC.
Oli ! TOUS autres gens riches , vous avez trente-six. noms , cela est égal .
RAMAGFAU.
Je vous dis que je ne suis pas riche.
RIANVAL.
Cela est bien vrai.
ROBFRT.
Encore une fois , je vous disons de ne pas vous mêler de cela ; vous faites mal de servir un coquin comme celui-là ; mais il faut vivre comme on peut , et je vous le passons.
RIANVAL , à part.
Je ne sais pas trop comment il se tirera de là.
RAMAGEAU.
Pourquoi ne voulez-vous pas croire ce que je vous dis?
GRAND-PIERRE
Parce que vous avez un habit qui ne ment pas comme vous, et qui dit que vous êtes riche.
JACQUOT
Et que nous vous a^z dit, vous-même , que vous étiez M. Rotor.
RAMAGEAU.
Jai voulu badinei'.
ROBERT
Oh î bien , nous n'avons pas envie de rire , et nous ne badinerons pas , nous, (il lève son bâton.)
RAMAGEAU.
Comment (il s'enfuit.)
GRAND-PIERRE
Ob .' je t'attrapperons bian.
(Us courent tous après ; on les entend frapper, et Ramagean crie.) RAWAGEAU . sans paraître.
Haie, haie, haie.
Le pauvre diable n'aimera pins autant son bel habit.
RAMAGEAU , rereiiaut en criant.
Haie , haie, haie.
ROBERT
Monsieur, nous vous baillons bien le bonjour.
GRAND-PIERRE
Oui, nous voilà quittes.
JACQUOT
A moins que vous ne vouliez nous revenir revoir.