PROVERBE XIX
- Les deux Chapeaux. — Le feu ne va pas sans fumée. (Pag. 245.)
Ce proverbe signifie que d'ordinaire il ne court point de bruit qui n'ait quelque fondement , ou , qu'on ne saurait s'empêcher de faire connaître au dehors une violente passion, quelque soin qu'on apporte à la cacher, et qu'il ne faut souvent qu'un léger indice pour dévoiler une grande imprudence.
DU TOME 1. XXXVlj
Les Italiens disent : Ilfuoco, l'amor et la tosse presto si conosce; le feu , Tamoar et la toux se découvr'^nt tout de suite.
Non si grida mai al lupo , ch'egli non sia in paese; ce qui peut se rendre en français par ce proverbe équivalent : Quand on parle du loup , on en voit la queue.
Les Espagnols s'expriment de cette façon : Cerca le anda, el humo Iras la llaina; elle lui va bien près, la fumée à la flamme.
On pourrait renverser le proverbe et dire également : Il n'y a pas de fumée sans feu. La Bruyère a dit : La plupart des bruits qui courent sur les personnes et sur les choses, est ordinairement la vérité.
Je veux bien croire au fond qu'il ne se passe rien , Mais enfin on eu parle, et cela n'est pas bien.
Certain magistrat, dont la femme se permettait de fréquentes infractions à la loi conjugale, donna a sa peu cbaste moitit* une leçon qui peut à juste titre passer pour un chef-d'œuvre de prudence et de modération. Etant, suivant sa coutume, sorti de grand matin pour aller à l'audience , il s'aperçut au palais qu'il avait oublié des pièces dé procédure essentielles à la cause mise sur le lapis. Il regagne sa maison. Dans l'iutiervalle , an tendre rendez-vous avait eu lieu ; la dame avait mis à profil l'absence de son épéu^'S lès deux coupables reposaient dans une inconcevable sécurité. L'homme de robe se glisse sans bruit dans son appartement, non sans quelque soupçon , qui ne tarde pas à se vérifier à ses yeux. Que faire! Crier, tempêter, c'eût été afficher en gros caractères son désbenneur ,, ou .tout au moins celui de sa femme. En désespoir de cause, il prend son bonnet carré, le pose entre les deux imprudents doro^eurs , comme, le .sceau ^d uu arrçtvengeur, et puis J ii <!;tJvf i « , .'.j »b Jî .■ •) 7 Ji ùo a'iuoiuo^ nr 'n/ J
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