PROVERBE XXXII
Le Yeuf. — // n'y a pas d'éternelles douleurs. (Pag. 91 .)
Dolores rnitiganliir vetustale , dit Cicéron. Doglia di marito morto , dura fin alla sepultiira ; doglia ditnoglie morla, dura fin alla porta : un mari mort n'est pleuré que jusqu'au cimetière ; femme morte n'est pleurée que jusqu à la porte.
Une jeune femme paraissait accablée de la douleur que lui causait la maladie de son mari. Hélas/ m a fille , lui disait son père pour la réconforter, nous sommes tous mortels; console-toi et prends courage ; au pis aller, je t'assure que je te réserve un second mari bien meilleur que n'est celui-ci. — Ah! mon père y pouvez-vous me parler d'un autre mari? c'est me percer le cœur d'un poignard que de m' entretenir d'une pareille chose : non , non, si je pense jamais à un autre mari., que je.... Elle en resta là. Le malade meurt : la veuve alors se livre aux transports de la plus vive douleur, s'arrache les cheveux, se frappe violemment la poitrine; tout le monde croyait qu'elle en perdrait la vie, ou tout au moins la
DU TOME II. Ij
raison. Quelques jours se passeat ainsi : elle devient pensive et distraite, commence à s'essuyer les yeux, et les levant au ciel: Que la volonté de Ditu soit faite. Puis se tournant vers son père : Le mari dont vous m'avez parlé est-il ici ?
Le désespoir dans les premiers accès élève , musicalement, le plaintif et douloureux hélas , jusqu'à la hauteur de l'octiive. Mais le temps, qui est un galant liomme , à ce que disent les Italiens , et qui modifie toutes les douleurs possibles , fait bientôt changer la gamme, et descendre Tennuyeux /te7«* graduellement comme il était monté.