C ENTR ACTES DES PROVERBES
forl : Ijes mf'tlecius cl le commun des hommes ne voyenl pas plus clair les uns que les autres dans rinléneur du corps humain; ce sont tous des a \ curies : mais les nn'decins sont des Quinze- Vingt qui connaissent mieux les rues, et qui se tirent mieux d aflaires. Les sceptiques ont regardé la mi'dccine comme une science toute conjecturale. Cependant il serait injuste de croire (jue l'expérience ne soit pour rien d.ins la connaissance des symptômes, et des pronostics des maladies, l^e mieux est d'attendre l'oracle de la nature : si elle se joue des efforts que l'on lait pour la maîtriser, la mort, sn courrière inllexible. précédée de ses terribles satellites en it/ut , paralytique, lij(lropi(jue. éti([ue, pulmonirpie, sciaticjue, survient ^o«r/rt/re aux médecins ta iii(jHv. Si, au contraire, sa réponse est farorable, la santé revient au malade et Thonneur au médecin. Dios ts que sana y ci incdico llex'û In plala : Dieu guérit, le mi'decin erapoclie l'argent, disent les Espagnols moins polis, mais plus vrais que nous.
Le grand nombre de charlatans qui ont toujours d(''shonoré la médecine, n'a pas peu contribué, pendant long-temps à la décrier. Pour de pareils liéaux. le ridicule est un châtiment trop doux; mais serait-il juste de laire peser cette réprobation sur toute la faculté. Celui qui a étudié , approfondi , expérimenté souvent même aux dépens de son existence, les moyens curatifs des nombreuses maladies «jui uous assiègent, est un être précieux à la société, et qui mérite tous nos égards. Honorons-le donc ce bienfaiteur de l'humanité soullrante, dont la présence et les discours viennent atténuer les maux de ceux mêmes que tous les efforts de son art ne peuvent arracher au trépas; il mérite d autant plus nos hommages, qu ils sont trop souvent l'unique salaire de ses soins consolants.
Les Espagnols, avaient dit depuis long-temps, los yerros dtl medico, la terra los cubre. Montaigne, qui n'avait pas grande foi à la médecine, assurait que les violentes harpades de la drogue et du mal, sont toujours à notre perte, et que la drogue est un secours infiable, de sa nature ennemie à notre santé, et qui n'a accès en notre état que par le trouble,... Fai-
DU TOME m. Cj
tes ordonner une purgatîon à votre cervelle, elle y sera mieux employée qu'à votre estomac. Il disait en parlant des médecins : Le soleil éclaire leurs succès , et la terre cache leurs fautes. On sait que Beaumarchais a pillé ce passage de Montaigne, et l'a rendu ainsi dans son Barbier de Séville,act. ir, se. vu.
BARTHOr.O.
« Vous êtes bien plaisant de vous moquer d'un art dont le » soleil s'honore d'éclairer les succès.