IV
<jC$ LB CUANOinB DE REIMS.
l'abbé.
Vous serez étonné du );iml»oii an dessrrr ; mnis c'était notre us.iqe dans ci; tenips-Iii . parce que cela lail hfnro. Celui-là était bien salé; il uie semble que je le vois encore.
M. COLI-IGFR.
Ahl je TOUS en prie, seriez de table.
L'Ar.BÉ.
Bon! vous n'v êtes pas. Tout en buvant. le Doyen dit : Messieurs, si nous parlions un peu de nos aflaires? nous n avons pas beaucoup de temps, c est demain, et n<»us navons encore rien délibéré, tli bien, buvons un coup, dit le cbaiioinc Veotrin. Je ne vous ai pas encore parlé de lui, je crois? Il était gros comme un orme qu'il y avait dans la cour du Doyen, et qui était vieux comme le monde; c'est moi-même qui 1 ai t»esuré, il me semble (|ue j'y suis encore.
M. COLLIÇER.
Dites, eutio que lîies-vous?
l'ahbé.
Nous délibérâmes que nous nous rendrions à l'église le lendemain à cinq neures du matin. Gobart dit : Mcs'^ieurs. le temps avance; si vous m'en croyez, nous souperons ensemble, et tout en buvant nous arriverons à cinq licures du matio^ je l'entends encore. Nous ordonnons le souper.
M. COLLIGKR.
J'espère que vous m'en ferez grâce.
l'abbé.
Hélait pourtantbien bon! il me semble que j'v suis encore. Nouseuvovons cliercber nos aumusses. La mienne se trouva brûlée d'un côté, parce que ma gouvemaute, qui était endormie, la laissa tomber dans le (eu; mais en mettant le brûlé en dedans, cela ne s apercevait pas. Vous voyez que je me souviens de tout.
M. COLLIGER
De tout ce qui est inutile.
l'abbé.
Cinq heures soaaenl, nous buvons un couj), et nous nous mettons eu miirchc; nous arrivons à IVglise. Nous trouvons à la porte un cent-suisse qui avait une belle moustache; il me semble que je le vois encore • Où allez-vous, messieurs? nous dit-il. Nous allons dans i'église.Vous n'avez point de place ici, messieurs. Ah! ah! celui-là est plaisant! Vous ne nous connaissez pas, apparemment? Vous n'entre pas ici. Allons, marche.
COLLIGER. Comment! vous ne pûtes pas entrer?
l'abi'É.
Attendez donc. Nous nous rog.ai*dnmes tous en rian* ; il nie scml. e que ]y suis encore. VeiiUin dit : Messie iirs, si vous mon croyez, nous irons nous coucher j si l'ou a besoin de nous, on viendra nous cl ercher.
M. COLLIGFR.
Quoi ! les chanoines ne sont pas entrés?
L'ABrÉ.
Pardonnez-moi , par une autre porte; il me semble que j'y suis encore.
M. COLLIGFR.
Allons , vous allez donc me dire?
l'abbé.
J'eus une indigestion qui ni'obiigea de retourner chez moi, et j'ai été malade pendant Luit jours j je m'en souviens comme si j'y étais encore.
M. COLLIGER
Et vous m'avez retenu pour ne m'apprendre que cela?
l'abbé.
Ecoutez donc : si vous n'admirez pas ma mémoire au bout d'un temps si considérable , je ne sais ce que vous voulez.
M. COLLIGER
Je serais parti
jnSversitaa RJBLlCTHr^A
lOO LE CHANOINE DE REIMS.
l'abpp:.
Kt vous parlii-ez tout de lu^inc. Tenez, voi'à H.Tme Moni-
(|Ul'.