‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 57 sur 339 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M"« DE PRÉCINAT, M. D'ALVIN.

Jll'e DE PRÉCINAT.

Je viens de faire tout ce que vous m'avez dit , jai assuré moD père que je n'épouserai jamais que vous.

M. d" AL VIN.

Cela est à merveilles.

m"^ de PRÉCINAT.

Oui, mais mon père n'en va pas moins chez son notaire pour lui faire faire le contrat de mariage de ^i. Berniquet avec moi.

M. d'alvin.

Ne craignez rien. J'ai engagé quatre de mes amis à prendre des habi's de deuil et de longs manteaux, et de se mettre à l'enterrement avant M. Berniquel; il sera confondu de voir des héritiers qu'il n'attendait pas, et qui se diront les plus proches parents.

M^'« DE PRÉCINAT.

11 faudra qu'ils prouvent qu'ils seront les vrais héritiers.

M. d' AL VIN.

S'il ne le croit pas , ou le chicanera , en faisant des oppositions au testament 5 par ce moj,en nous gagnerons du temps.

m'1« de PRÉCINAT.

Mais la vérité se découvrira.

M. d'aLVIN.

Pas d'ul^ord : le grand-oncle de Berniquet peut avoir eu des enfants en Amérique ou en Afrique, comme il dit.

ÎU"e DE PRÉCINAT.

Il croit donc que c'est la même chose?

M. d' AL VIN.

Ouivraiment. Pour lors nous verrons ce que fera monsieur vo-

J 18 JjV. sot HÉHITiER.

Ircpôre, sil allemlra que leprocès soit intente, s'il ne croira pas r><Tnif;ti(l un liomnic tout au moins mal instruit sur sa paron- Ic. D'ailleurs, il faut dcî 1 ari^rnl pour suivre uu procès; et les apparences étant contre Berniquet , il ne lui en prêtera pas. m"' de prkcixat.

^'otre i<l«'e est cxccllrnic: car ce n'est que comme unique héritier que ce mariage avait tenté mon père.

M. d'alvin.

Sans doute.

m"« de précinat.

Vos amis auront-ils été assez lot prêts?

Oui, je les ai vu partir, et cest ici que je viens attendre le succès de cette entreprise.

m"» de précinat.

Il faudrait que mon père en fût instruit.

M. DALVIN.

Mais s'il est chez son tiotaire, il les verra passerj ils étaient en marche quand je snis venu ici.

m"« de précinat.

Il serait important de savoir s'il a continué de faire dresser le contrat.

M. d'aLVIN.

Vous avez raison. Comment ferons-nous? attendez, doit-il revenir ici?

m"' de précinat.

Je n'en sais rien.

M, d'alvin.

J'attends La France.

m"« de précinat.

Pour quoi faire?

M. d'alvin.

Pour savoir la mine qu'aura faite Berniqnet, lorsque mes héritiers supposés auront pris sn place

ai"« DE précinat.

Ah! fort bien.

W. d' AL VIN.

Sans cela , j'irais chez le notaire , qui est le mien , et qui me dirait si monsieur votre père aura été arrêté dans son projet.

Allez-y toujours.

M. d'aLVIN.

Mais c'est que La France me rendrait compte aussi d'antres choses que je lui ai dit de faire , et qui ne sont pas moins essentielles.

M"e DE PRÉCINAT.

Qu'est-ce que c'est?

M. d' AL VIN.

Ah ! voici Ija France.

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