SCENE X
M'i" DE PRÉCINAT, M. DE PRÉCINAT, M. DALVIN,
M. BERNIQUET, en manteau noir.
M. DE PRÉCINAT.
Eh bien, monsieur Bcrulquct, il est donc vrai que vous n'avez plus d'espérance?
M. BERNIQUET
Oli .' pardonnez-moi.
JllJe DE PRÉCINAT , bas à M. dAlvin.
Tout serait-il découvert?
M. DE PRÉCINAT.
Mais n'y a-t-il pas d'autres héritiers plus près que vous?
M, BERNIQUET
Oui vraiment, et ils sont arrivés bien à propos pour l'euterrement; je ne me suis plus trouvé que le ciaquitme.
M. d'aLVIN.
Je crois que cela vous a un peu fâché?
M. FERNIQUF.T.
Oui , parce que leurs laquais monl ri au nez ; j'ai cru qu'ils se moquaient de moi.
LE SOT H£RlTllIx4. 12 J
Bl''« DE PRKCINAT.
Et cela n'était donc pas?
M. BERNIQUET
Bon I tout au contraire , leurs maîtres m'ont fait cent politesses , et ils m'ont bien remercié des soins que j'ai pris de mou oncle 5 je crois que cela fera des cousins fort honnêtes.
M^'e DE PRÉCINAT.
Assurément ; mais après ?
M. BERNIQUET
Après? ils ont fait mettre le scellé partout, jusque sur la porte de ma chambre ; cela est très-plaisant.
M. DE PRÉCIXAT.
Comment, plaisant?
M. BERNIQUET
Oui, car je ne sais plus où aller coucher, (il rit.)
M. DE PRÉCINAT.
Et vous riez de cela ?
M. BERNIQUET
Oh , je ris, parce que je ne serai pas embarrassé.
M. DE PRÉCINAT.
Mais VOUS n'aurez rieu de cette succession?
M. BERNIQUET
Non vraiment, (il rit.)
M. DE PRÉCINAT.
"Vous m'impatientez avec votre gaieté.
M. BERNIQUET
Bon! j'aurais bien de quoi m'afïliger encore plus si je voulais.
M. DE PRÉCINAT.
Au sujet de quoi ?
M. BERNIQUET
Au sujet de mes créanciers , qui , sachant que je n'héritais plus , sont venus me trouver, et m'ont dit qu'ils me feraient mettre en prison si je ne les payais pas.
M. DE PRÉCINAT.
Et c'est donc eu prison que vous comptez aller conclier ce soir?
M. BERNIQUET
Non.
M. DE PRÉCINAT.
OÙ donc?
M. BERNIQUET
Eli! pardi chez vous, ici.
Ici?
M. BERNIQUET
Oui, mon mariage avec mademoiselle n"cst-il pas fait?
M. DE PRÉCINAT.
Non.
M. BERNIQUET
Allons, vous badinez.
M. DE PRÉCINAT.
Je ne badine pas.
M. BERNIQUET
Oh .' je ne suis pas inquiet.
M. DE PRÉCINAT.
Pourquoi?
M. BERNIQUET
C'est que la précaution que j ai prise est bonne.^
M. DE PRÉCINAT.
Et quelle précaution ?
M. BERNIQUET
Eh pardi, vous savez bien.
M. DE PRÉCINAT.
Non,
M. BERNIQUET
Comment! je ne vous ai pas lait un dédit?
Il est vrai, mais je ne vous eu ai pas fait, moi.
M. BERMQUET.
Nou, mais c'est la même cliOse.
M. DE PRÉCINAT.
Cela est si peu la même chose , que tous n'épouserez pas ma iille.
M. BERNIQUET
Mais elle est amoureuse de moi; pardi, je le sais bien, apparemment : que Toulez-vous qu'elle devienae?
m''« de PRÉCINAT.
Vous ai-]e jamais donné lieu de le croire?
M. BERXIQUET.
Ail! ceîui-Ià est boni Et qui aimez-vous donc?
M^^e £,£ PRÉCISÂT.
Mon père vous le dira.
M, BERNIQUET
Je crois qu'il serait bien embarrassé d'en nommer un autt e.
M. DE PRÉCINAT.
Pas tant que vous le croyez.
M. BERMQUET.
Eli bien , voyons.
Puisque vous voulez le savoir, c'est M. d'Alvin.
M. BERNK^UET.
Ail î je ne le crains pas.
M. d'aLVIN.
Comment, monsieur?....
M. BERNIQUET
Assurément. On ma dit que vous étiez son cousin.
M. d'aLVIN.
Il est vrai.
M. BERNIQUET
Eh bien , je ne croirai ce mariage-là que quand je le verrai.
M. d' AL VIN.
Il ne dépend que de M. de Prtcinat.
J26 LC SOT irCRITIER.
M. BERMQUET.
Bon! il ne voudrait pas me faire ce tour-là.
M. DE PRÉCl'NAT.
Qui m'en empèclierail?
M. BERMQUET.
Votre promesse,
M. DE PRÉflNAT.
Je uc me suis engagé à rien.
M, r>ERMQUrT.
Eh bien, mariez donc mademoiselle à M. d'Alvin, pour voir , je vous en détie.
M. DE PRLCINAT.
Vous m'en défiez ?
M. BERMQUET.
Oui , je vous en défie,