M. DE PRÉCISÂT
C'est une chose faite , elle n'en épousera jamais d'autre ; monsieur d'Alvin, je vous la donne,
M. d'aLVIN' , à M. Berniqnet.
Ah! monsieur, que d'obligations je vous ai, m"« de précinat.
Mon père î (Elle l'embrasse.)
M, BERNIQUET
Oui , oui , comptez sur sa parole j vous voyez bien qu'il ne l'a pas tenue avec moi,
M. DE PRÉCINAT.
Allons , laissez-nous , et sortez d'ici.
M. BERNIQUET
Mais un moment, monsieur de Précinat, si c'est tout de bon que vous ne me donnez pas mademoiselle votre fille , que voulez- vous que je devienne?
M. DE PRÉCINAT.
Tout ce que aous voudrez.
.. Lt; SOT HKRITlEll. I27
M. BERNIQUET
Voilà toutes mes espéraoces détruites, et mes créanciers vont me i'aire metti-e eu prison.
M. DE PRÉCINAT.
Ce n'est pas ma fauie.
M. BERNIQUET
Je complais sur riiéritage de mou oncle.
M. DF PRÉCINAT.
Qu'est-ce que cela me fait?
M. BERNIQUET
Et après cela , sur mon mariage avec mademoiselle votre fille j je leur ai dit cela pour les apaiser.
M. DE PRÉCINAT.
Tant pis pour vous.
M. BERNIQUET
Il faut donc m'en fuir 7
M. DE PRÉCINAT.
Comme il vous plaira.
M. BERNIQDET.
Mais prêtez-moi donc de l'argent pour prendre la poste , et pour m'en retourner dans mon pays.
M. DE PRÉCINAT.
Je ne vous prêterai rien.
M. BERNIQUET
Pardi, je suis bien malheureux.
M. d'alvin.
Un moment, monsieur Beruiquet , ne vous désespérez pas.
M. BERNIQUET
Monsieur, je vous trouve bien bon, quoique vous m'enleviez ma femme.
Bi. d'alvin.
Écoulez-moi : d'où êtes-vous?
M. BERNIQUET
DeBéthune, monsieur.
128 L'^ SOT IIERITIEII.
M. d'aLVIN.
Vous êtes donc de Flandre 7
M. BERNIonFT.
Oui, monsieur, je suis de Flandre.
M. d'ai.vi.v.
El) bien , je vais vous donner cin<junntc louis et une chaise de poste; allez-vous-eu chez moi malteudre, cl je vous y ferai trouver la chaise et des chevaux.
M. BERNigUET,
Mais si je rencontre mes créanciers?
M. d'alvin.
Ne craignez rien , ils ne sauront pas encore que vous n'épousez pas mademoiselle.
M. BERNIQDET.
Mais ils le sauront bientôt. Je veux partir tout de suite.
M. DALVIN.
Et vous aurez raison.
M. BERNIQUET
Adieu , mademoiselle : si vous me regrettez . j'en serai bien fâché ; mais pour monsieur votre père , je ne ie regrette pas , je suis trop fâché contre lui. Adieu, adieu : je le dirai à tout le monde, qu'il m'a manqué de parole.
m"« de précinat.
Comment?....