‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 83 sur 339 · SCENE IX ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE IX ET DERNIÈRE

M""' DE MORTILLIÈRE, M. DE SOUSAY, L'AEBÉ, M. PINÇON, M-^e ROUGEAU, M. DU HABLE.

M. PINÇON, sans paraître.

Où est-il doue, M. l'abbé Dorlot?

LES A'OYAGEURS. IJÙ

M^^ ROUGEAU

Ici, monsieur.

l'abbé.

Ah! c'est monsieur Pinçon.

M. PINÇON, en redingote snr an habit.

Moi-même, monsieur l'Abbé. J'ai reconnu là-bas Flamand, qui ma dit que vous étiez ici.

l'abbé.

Mesdames, voilà mon maître à jurer, dont je vous parlais lout-à-l heure.

M. PINÇON

Que dites-vous donc là, monsieur l'Abbé?

M^e DE MORTILLIÈRE.

Nous serons fort aises de faire comialssance avec M. Pinçon.

l'abbé.

D'où venez-vous comme cela, monsieur Pinçon?

M. PINÇON

De trois lieues d ici, monsieur l'Abbé.

Bjrae 3E SOUSAY.

Et allez-vous à Sedan, monsieur?

M. PINÇON

Oui, madame.

M™" DE MORTILLIÈRE.

J'en suis fort aise, parce que vous pourrez nous accompagner.

M. PINÇON

De tout mon cœur! madame.

M™e DE SOUSAY.

Etes-vous armé?

M. PINÇON

Oui, madame, et assez bieuj d'ailleurs, j'ai encore quatre personnes avec moi qui le sont aussi.

M. DU HABLE, à madame Rongeaa.

Quel est donc cet homme-là?

1^4 ^-^^ VOYAGEUnS.

M"»" ROUGiCAU.

Je uc le connais p as.

J'ai envie de mcu/iiir. (Il veut sortir.)

Bl"'» DE MORTILLTÈRE.

Monsiear, où allez-vous donc?

M. DU HABLE

Je reviens, monsieur l'Abbé.

M"'« DE SOUSAY.

Ah! l'Abbé, je parie qu'il ne veut pas souper avec nous, retenez-le donc.

M. PINÇON

Sûrement, monsieur, restez, restez.

M. DU HABLE

Monsieur, est-ce que j'ai l'honneur d'être connu de vous?

M. PINÇON

Non, monsieur, pas encore.

M"»* DE WORTILLIÉRE.

Ahî monsieur, c'est le plus honnête homme du monde, et à qui nous avons la plus grande obligation. M. PINÇON.

Comment donc?

M^" DE SOUSAY.

Il nous a fait le plaisir de nous céder ces pistolets pour ce

qu'ils lui ont coûté.

Oui, pour dix louis.

ai. PINÇON.

Ils sont fort beauxj mais qu'en voulez-vous faire? l'abbé.

Passer la foret en sûreté. C'est ce qui nous a fait demander ,si vous étiez armé , à cause d'un certain voleur nommé Brasde-fer.

M. PINÇON

Qui est dans la forêt?

LES VOYAGEURS. 1^0

M'"^ DE MORTILLIÊRE.

Oui , vraiment , est-ce qne tous ne le saviez pas?

M. PINÇON

Ou m'en avait dit quelque cliose , mais je ne le croyais pas.

M""' DE SOUSAY.

Voilà monsieur qui l'a vu.

M. PINÇON

Vous l'avez vu, monsieur?

M. DU H AELE , embarrassé.

Oui , monsieur?

M. PINÇON

Et VOUS avez vendu ces pistolets à ces dames?

M. DU HABLE

Je les ai cédés.

M. PINÇON

Pour dix louis.

M. DU HABLE

Pour ce qu'ils m'ont coûté.

M. PINÇON

c'est fort bien à vous. Monsieur l'Abbé , on parle beaucoup à Sedan de ce voleur.

M™e DE MORTILLIÊRE.

Mais il faudrait le faire arrêter.

M. PINÇON

On a trouvé des moyens pour cela , et monsieur l'intendant fait faire des perquisitions....

W"e DE SOUSAY.

Il faut qu'une route comme celle-ci soit sure;

M. PINÇON

Elle le sera aussi. Monsieur l'Abbé , j'ai quitté les dragons.

l'abbé.

Comment mon oncle y a-t-il consenti?

M. PINÇON

Il savait que je n'avais point de fortune j il m'a fait faire un arrangement pour céder mou emploi , et il m'a fait avoir une

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