G L^S VOYAGEURS
licutenance de la maréchaussée de celte province, (il déboulonne
sa redÏDgolc.)
Ah ciel ! (H veut sortir.)
M""" DE MORTILLIÈRE.
C'est fort heureux pour nous , uKulame , nous voyagerons sûrement.
M. PINÇON, A M du liablc.
Monsieur, je vous ai déjà dit de rester : sctncllcment commencez par rendre à ces dames les dix louis quelles vous ont donnés pour vos pistolets.
M. DU HABLE
Puisqu'elles n'en ont pas besoin, j'en suis fort aise. (Tirend
l'aj-geut, et il veut s'en aller.)
M. PINÇON
Un moment , s'il vous plait , monsieur.
M. DU KABLE.
Mais, monsieur, j'ai afTaire.
M. PINÇON
Je sais votre aflFaire. Savez-vous quel était le commerce de ce monsieur-là , mesdames? celui d'épouvanter les voyageurs pour leur vendre dix louis des pistolets d un îouis.
M. DU HABLE
Monsieur, en vérité....
M^e DE SOUSAY.
Quoi! il serait possible que nous eussions été ses dupes.
M. PINÇON
Sûrement , mesdames.
l'abbé.
Si vous voulez que je vous dise, je m'en étais un peu douté, et je voulais lui parler en particulier.
nii'e DE MORTILLIÈRE.
Ah oui, l'Abbé, c'est bien fin, à celte heure que vous le connaissez.
M, PINÇON
Allons ; monsieur, suivez-moi.
LES VOYAGEURS. J77
M. DU HABLE
Mais, messieurs, mesdames, monsieur l'Abbé, priez donc pour moi.
M. PINÇON
Cela est inutile ; pour vous , madame Rougeau , nous nous reverrons. Faites donner des chevaux à ces dames.
Mme ROUGEAU.
Et le souper que Ton fait pour elles?
M, PINÇON
Ces dames ne souperont ni ne coucheront ici.
M™'' ROUGEAU
Monsieur du Hable , je vous Tavais bien dit.
M. PINÇON
Allons , mesdames , j'aurai l'honneur de Tous escorter.