SCÈNE li
Mn'eDE CLAIRAS, M'"^ DE RESAN, LE CHEVALIER.
M™e DE RESAN.
Chevalier, qu'avez-vous fait de TablDé Conserve ?
LE CHEVALIER
Bon ! nous l'avions posté à merveilles au coin du bois de Chersi , où même le sanglier *a passé ; il s'est ennujé de l'altendre, et il nous a laissés.
Bime DE CLAIRAS.
Il a bien fait.
LE CHEVALIER
Point du tout ; car il l'aurait peut-être tué, et il aurait évité ce qui est arrivé à Clairas.
T\l""^ DE CLAIRAS.
Comment donc?
LE CHEVALIER
J'étais à la croisée du chemin qui va au pont, Clairas était posté au poteau de la fontaine ; j'entends quelque chose qui me dépasse , que je ne vois pas , et qui va de son coté ; je lui crie : A toi , Clairas. Il tire , et c'est sur sa chienne.
M™*^ DE CLAIRAS,
Diane?
LE CHEVALIER
Oui vraiment.
J'en suis bien aise. Cette vilaine bète-là venait toujours s'étendre devant le feu, et elle nous infectait. ^
LE CHEVALIER
Oh , mais ne vous réjouissez pas tant , car ce ne sera rien.
M™« DE RÉSAN.
Quel malheur vous est-il donc arrivé?
LE CHEVALIER
Que nous avons manqué notre sanglier, qui , pendant que
lS4 LES ENNUIS
nous étions occapés de la clueaae, a gagné le bois de Rouniant.
M"" DE CLAIRAS.
Si ce n'est que cela , je ne m'en soucie guère.
M"» DE RESAN.
Mais l'Abbé, où est-il?
LE CHEVALIER
Dans sa cliambre. Pendant que je m'habillais, je l'ai entendu qui taisait des éclats de rire.'.,.. M™* DE OLAIRAS.
Quoi ! tout seul ?
LE CHEVALIER
Oui , vraiment. J'ai été voir à propos de quoi ; il m'a dit : ^e me troubler pas ; cela sera charmant, et il barbouille actuellement du papier avec une facilité incroyable.
M"" DE RESAN.
C'est apparemment le proverbe qn il nous a promis.
LE CHEVALIER
Oui , car il m'a dit qu'il me faisait un rôle.... M'"^ DE CLAIRAS.
Toujours charmant, comme il dit?
LE CHEVALIER
Sûrement.
M"ie DE RESAN.
Ahl le voilà.
SCElXE III.
M-vDE CLAIRAS, M-e DE RESAN, LE CHEVALIER, L'ABBÉ.
M™« DE CLAIRAS.
Eh bien, l'Abbé, le proverbe que vous nous aviez promis?
l'abbé.
Il est fait. Il sera charmant !
DE LA. CAMPAGNE. iSu
LE CHEVALIER
Je VOUS l'avais bien dit, raesdames.
M™^ DE RESAN.
Voyons, voyons ce que c'est.
l'aelé.
Mois c'est qu'il faudrait que ceux qui doivent y jouer fussent tous ici.
Mme j)E CLAIRAS.
Qu'est-ce qu'il vous faut, l'Abbé?
l'abbé.
Mais vous, mesdames, premièrement; le Clicvalier, M, de Clairas , le Baron et moi ; je vous dis cela sera charmant !
M™« DE CLAIRAS.
Quel rôle me donnez-vous, à moi?
l'abbé.
Celui d'une coquette. C'est un rôle charmant !
BI™" DE RESAW.
Et moi?
l'abbé.
Une vieille bavarde.
LE chevalier.
Ce sera un rôle charmant, lAbbé?
l'abbé.
Oui, charmant! toi, un homme qui danse toujours, et qui
casse tout.
le chevalier.
Fort bien. Et Clairas?
l'abbé.
V>u homme de mauvaise humeur, que tout le monde impatiente.
M'^^ DE CLAIRAS.
Ce rôle est très-bon pour mon mari.
Vous verrez s'il ne sera pas charmant î le Baron fera un distrait.
l86 LES £.N>UIS
M"" DE RESAN.
Ah cà, le fond du proverbe, tju' est-ce que c'est?
l'abbé.
Vous allez voir, mais c'est qu'il faudrait attendre que tous ceux qui doivent jouer fussent ici.
M"": DE CLAIRAS.
Qu'est-ce que cela fait?