‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 87 sur 339 · SCÈNE li · texte numérisé non relu

SCÈNE li

Mn'eDE CLAIRAS, M'"^ DE RESAN, LE CHEVALIER.

M™e DE RESAN.

Chevalier, qu'avez-vous fait de TablDé Conserve ?

LE CHEVALIER

Bon ! nous l'avions posté à merveilles au coin du bois de Chersi , où même le sanglier *a passé ; il s'est ennujé de l'altendre, et il nous a laissés.

Bime DE CLAIRAS.

Il a bien fait.

LE CHEVALIER

Point du tout ; car il l'aurait peut-être tué, et il aurait évité ce qui est arrivé à Clairas.

T\l""^ DE CLAIRAS.

Comment donc?

LE CHEVALIER

J'étais à la croisée du chemin qui va au pont, Clairas était posté au poteau de la fontaine ; j'entends quelque chose qui me dépasse , que je ne vois pas , et qui va de son coté ; je lui crie : A toi , Clairas. Il tire , et c'est sur sa chienne.

M™*^ DE CLAIRAS,

Diane?

LE CHEVALIER

Oui vraiment.

J'en suis bien aise. Cette vilaine bète-là venait toujours s'étendre devant le feu, et elle nous infectait. ^

LE CHEVALIER

Oh , mais ne vous réjouissez pas tant , car ce ne sera rien.

M™« DE RÉSAN.

Quel malheur vous est-il donc arrivé?

LE CHEVALIER

Que nous avons manqué notre sanglier, qui , pendant que

lS4 LES ENNUIS

nous étions occapés de la clueaae, a gagné le bois de Rouniant.

M"" DE CLAIRAS.

Si ce n'est que cela , je ne m'en soucie guère.

M"» DE RESAN.

Mais l'Abbé, où est-il?

LE CHEVALIER

Dans sa cliambre. Pendant que je m'habillais, je l'ai entendu qui taisait des éclats de rire.'.,.. M™* DE OLAIRAS.

Quoi ! tout seul ?

LE CHEVALIER

Oui , vraiment. J'ai été voir à propos de quoi ; il m'a dit : ^e me troubler pas ; cela sera charmant, et il barbouille actuellement du papier avec une facilité incroyable.

M"" DE RESAN.

C'est apparemment le proverbe qn il nous a promis.

LE CHEVALIER

Oui , car il m'a dit qu'il me faisait un rôle.... M'"^ DE CLAIRAS.

Toujours charmant, comme il dit?

LE CHEVALIER

Sûrement.

M"ie DE RESAN.

Ahl le voilà.

SCElXE III.

M-vDE CLAIRAS, M-e DE RESAN, LE CHEVALIER, L'ABBÉ.

M™« DE CLAIRAS.

Eh bien, l'Abbé, le proverbe que vous nous aviez promis?

l'abbé.

Il est fait. Il sera charmant !

DE LA. CAMPAGNE. iSu

LE CHEVALIER

Je VOUS l'avais bien dit, raesdames.

M™^ DE RESAN.

Voyons, voyons ce que c'est.

l'aelé.

Mois c'est qu'il faudrait que ceux qui doivent y jouer fussent tous ici.

Mme j)E CLAIRAS.

Qu'est-ce qu'il vous faut, l'Abbé?

l'abbé.

Mais vous, mesdames, premièrement; le Clicvalier, M, de Clairas , le Baron et moi ; je vous dis cela sera charmant !

M™« DE CLAIRAS.

Quel rôle me donnez-vous, à moi?

l'abbé.

Celui d'une coquette. C'est un rôle charmant !

BI™" DE RESAW.

Et moi?

l'abbé.

Une vieille bavarde.

LE chevalier.

Ce sera un rôle charmant, lAbbé?

l'abbé.

Oui, charmant! toi, un homme qui danse toujours, et qui

casse tout.

le chevalier.

Fort bien. Et Clairas?

l'abbé.

V>u homme de mauvaise humeur, que tout le monde impatiente.

M'^^ DE CLAIRAS.

Ce rôle est très-bon pour mon mari.

Vous verrez s'il ne sera pas charmant î le Baron fera un distrait.

l86 LES £.N>UIS

M"" DE RESAN.

Ah cà, le fond du proverbe, tju' est-ce que c'est?

l'abbé.

Vous allez voir, mais c'est qu'il faudrait attendre que tous ceux qui doivent jouer fussent ici.

M"": DE CLAIRAS.

Qu'est-ce que cela fait?

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