SCENE IV
LE CHEVALIER DU PARC, M. DE SAINT-VIGNARD, M. DE LAVIROUX, M. VICTORIN.
M. VICTORIN, à la fenêtre.
Monsieur le clievaiier du Parc 7
LE CHEVALIER DU PARC
Réponds pour moi, Saint-Vignard.
M. DE SAINT-VIGNARD
Ah , ah î vous n'êtes pas encore couché , monsieur le commissaire?
M. VICTORIN
C'est vous , monsieur de Saint-Vignard?
M. DE SAINT-VIGNARD
Oui , vraiment , je passe par ici.
2l6 LA SONNETTE.
Oui 'y mais vous avez avec vous M. le chevalier da Parc , n'est-ce pas?
M. DE SAINT-VIGNARD
Pourquoi me demandez -VOUS cela?
M. VICTORIN
Je ne vousle demande pas , car j'en suis sûr. Madame Victorin vient de me dire qu'il avait parié qu'il entrerait chez elle la nuit,
M . DE LAVIROUX , au chevalier du Parc.
On se moque de toi.
M. DE SAINT-VIGNARD
Paix donc.
M. VICTORIN
Elle le prie de renoncer à ce projet , parce qu'elle a grande envie de dormir.
LE CHEVALIER DU PARC , bas.
Dis qu elle m'a donné la clef , pour la confondre vis-à-vis de son mari.
M. DE SAINT-VIGNARD
Mais
M. DE LAVIROUX.
Dis , dis j nous saurons plus complètement comme elle le joue.
On dit qu'il n'a pas tort, puisque madame Victorinlui avait donné une clef pour entrer.
M. VICTORIN
Cela est vrai, elle lui a donné une clef j mais elle le prie d'être persuadé qu'avec cette clef on reste à la porte,
M. DE LAVIROUX
Fort bien.
M. VICTORIN
Qu'en province, celui qui fait le plus de bruit , ne" réussit pas toujours auprès des femmes ; et qu'on ne fait souvent qu'éveiller les voisins, sans alarmer personne.
M. DE SAINT-VIGNARD
Cela arrive quelquefois , monsieur le commissaire.
M. VICTORIA
Vous cliargez-vous de dire tout cela à M. le chevalier du Parc?
M. DE SAINT-VIGNARD
Ne vous inquiétez pas ; il le sait déjà.
M. VICTORIN
Ah ! je vous entends. En ce cas-là, je vous souhaite à tous le bonsoir.
M. DE SAINT-VIGNARD
Et la clef , ne la voulez-vous pas 7
Non, non; laissez-la dans la serrure, cela est égal. (li se retire.)