‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 127 sur 255 · SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN

M. duRlvault.

M. DE LA CHAINIÈRE.

Ali! nous sommes trop heureux!

M. DU RIVAULT.

On m'a dit, maflemoiselle , que M. de Tendreville n'était pas ici; mais comme ce qui m'amène vous regarde personnellement, je n'ai pas été fâché de vous en parler avant de lui en rien dire.

m'1<" DE RINANT.

Est-ce quelque chose de pressé, monsieur?

M. DU RIVAULT.

Mais oui.

M"« de RINANT.

C'est que nous aurions quelque chose à vous dire , qui ne Test pas moins.

M. du RIVAULT.

Oh, mais j'aurai bientôt fait, je peux même le dire devant M. de la Chainière; c'est un mariage pour vous très-convenable, un parti fort riche, un très-joli sujet, qui

M^'e DE RINANT.

Ah, monsieur! Vous n'eu avez point parlé à mon

oncle?

M. DU RIVAULT.

Non; mais si vous voulez, cela sera bientôt fait. J'aime à expédier une aflaire en peu de temps, et je sais à peu près où le trouver. (Ti se lève) Je vais....

Bl"«^ DE RINANT.

Eh, non, monsieur, je vous en prie.

M. DU RIVAULT.

Comment! je croyais vous faire le plus grand plaisir, et j'étais charme d'en saisir l'occasion.

M^'« DE RINANT.

Nous vous en fournirons une bien plus sûre. Asseyez-vous, je vous prie.

M. DU RIVAULT.

Allons, tant mieux : que faut-il faire?

M. DE LA CHAINIÈRE.

Monsieur, j'aime mademoiselle —

M. DU RIVAULT.

Ah, ahî j'entends. Pardi, j'allais faire de belle besogne! Eh bien, vous voudriez l'épouser; c'est tout simple : je vols qu'elle 'n'en serait pas fâchée, et que vous allez me charger de cette négociation-lk auprès de l'oncle?

IVI^l® DE RINANT.

C'est cela même, monsieur.

M. DU RIVAULT.

Voyez, si je n'étais pas venu ici, ce qui aurait pu arriver. Parbleu, je m'en sais bien bon gré.

M. DE LA CHAINIERE.

Croyez-vous, monsieur, que M. de Tendreville puisse m'accorder mademoiselle?

Page 1