‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 136 sur 255 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

M. DE BELRONDE , LAFRANCE.

LA FRANCE , en entrant, parlant à M. Breniin.

Oui, oui, monsieur.

M. DE BELRONDE.

Lafrance , donnez-moi ma robe-de-chambre.

LAFRANCE.

Mais , monsieur, est-ce que vous êtes malade?

M. DE BELRONDE.

Apparemment, (ii se déshabille.) Cela est inconcevable î cela est venu tout-d'un-coup.

LAFRANCE.

Mais, qu'est-ce que vous sentez?

M. DE BELRONDE-

Rien.

LAFRANCE.

Vous n'êtes donc pas malade.

M. DE BELRONDE.

Allons, il en saura plus que le docteur! Je suis bienheureux qu'il soit ven« me voir, car sans lui je croirais que je me porte bien.

LAFRANCE.

Tenez, monsieur, je n'aime pas les médecins.

Oh , je sais bien que vous autres vous avez plus de confiance dans un petit chirurgien du coin de la rue. Donnez-moi mon bonnet de nuit.

LAFRANCE , lui mettant son bonnet de nuit.

Ils ne nous donnent pas des maladies du moins , comme t'ont vos grands médecins.

M. DE BELRONDE.

Oui , les médecins donnent des maladies î

LAFRANCE.

Sûrement.

M. DE BELRONDE.

Sûrement! Allons, tous ne savez ce que vous dites. Et cette eau de poulet 7

LAFRANCE.

Elle va être prête dans le moment.

M. DE BELRONDE.

Mettez toujours le couvert du docteur.

LAFRANCE.

Cela sera bientôt fait, (ii met i« couvert.)

M. DE BELRONDE.

J'ai bien du regret de ne pouvoir pas dîner.

LAFRANCE.

Ma foi , si j'étais de monsieur , je mangerais toujours : cela vous donnerait des forces pour la maladie à venir.

M.' DE BELRONDE.

Comme vous raisonnez I

LAFRANCE.

Dame, monsieur, chacun a sa manière.

M. DE BELRONDE.

Donnez au docteur du vin de Bourgogne.

LAFRANCE.

Oui , monsieur.

M. DE BELRONDE.

Je crois que je l'entends. Allez, allez voir si tout est prêt, et apportez l'eau de poulet, afin qu'il ne me gronde point de^ n'en avoir pas encore bu.

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