SCENE IV
LE CHEVALIER, M. WASSBRUCH , M. ROSSBOCH , M. TIREFORT.
M. TIREFORT.
JemenommeTircfort, monsieur, je suis Français ; je passe dans cette A'ille , et je viens vous offrir mes très-humbles services. Je suis dentiste ; et si ces messieurs avaient besoin de mon ministère, j'en serais très -flatté.
Attendez , je vais vous dire où je demeure , et vous viendrez demain matin.
M. TIREFORT.
Je n'y manquerai pas , monsieur le Chevalier.
LE CHEVALIER
Tenez, dans cette rue-là, à droite, la première porte en entrant.
M. TIREFORT.
Je trouverai bien.
LE CHEVALIER , bas à M. Tircfort.
Écoulez, je m'en vais vous proposer de m'arracher une dent fausse que j'ai , et vous la tirerez tout de suite. Je vous la montrerai. Faites semblant devons en aller.
M. TIREFORT.
Oui, monsieur le Chevalier, (ii veut s'en aller.)
LE CHEVALIER
Attendez. (AMM.WassbruchetRossboch.) Mcssicurs, cct hommclà méfait venir une idée , pour boire à la santé de l'empereur, qui vaudra bien mieux que celle que vous avez eue pour le roi de France. Donnez, donnez vos verres, (iiieurverieàboirr.^
M. ROSSFOCH.
Qu* est-ce que vous voulez dire ?
LA DENT. 55 l
LE CHEVALIER
Nons avons déchiré nos manchettes pour le roi , il s'agit de nous (aire arracher chacun une dent pour la santé' de Tempereur. Allons , je commence. Monsieur Tirefort , arrachez-moi
une dent, (il lui montre.)
M. TIREFORT.
Cela va être fait dans l'instant, (ii prend son outil.)
M. WASSBRUCH. /
Mais , monsieur Cheval Sainl-Glair.
(M. Tirefort montre la dent qu'il a arrachée.) LE CHEVALIER.
C'est hien. Allons , à vous monsieur Rosshoch.
M. ROSSBOCH.
Monsieur, je ferai pas.
LE CHEVALIER
Comment?
M. WASSBRUCH.
Non, monsieur, il ne doive pas faire , ni moi aussi.
LE CHEVALIER
Ah , parbleu , messieurs , quoi ! pour Tempereur, vous me refusez 7
M. ROSSBOCH.
Écoutez-vous donc un raison.
LE CHEVALIER
Je n'écoute rien, monsieur. Je me fais arracher une dent à la santé de l'empereur, parce que je suis à son service : vous y êtes aussi , vous devez suivre mon exemple.
M. ROSSBOCH.
Mais mon dent il fait point le santé à l'empereur.
LE CHEVALIER
Et ma manchette, que fait-elle au roi de France? Enfin vous devez faire ce que j'ai fait , puisque j'ai fait ce que vous avez voulu.
M. WASSBRUCH.
Non, monsieur, vous donne point le loi chez nous.
LE CHEVALIER
Nous verrons , messieurs .
M. WASSBRIJCH.
Vous ne verrez point.
LE CHEVALIER
Cela vous plaît à dire. Allons , monsieur Rossbocli , asseyez-vous.
M. WASSBRUCH.
Il s asseyera pas, monsieur.
LE CHEVALIER
Je vous dis que je le veux.