‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 165 sur 255 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LE CHEVALIER, M. WASSBRUCH , M. ROSSBOCH , M. TIREFORT.

M. TIREFORT.

JemenommeTircfort, monsieur, je suis Français ; je passe dans cette A'ille , et je viens vous offrir mes très-humbles services. Je suis dentiste ; et si ces messieurs avaient besoin de mon ministère, j'en serais très -flatté.

Attendez , je vais vous dire où je demeure , et vous viendrez demain matin.

M. TIREFORT.

Je n'y manquerai pas , monsieur le Chevalier.

LE CHEVALIER

Tenez, dans cette rue-là, à droite, la première porte en entrant.

M. TIREFORT.

Je trouverai bien.

LE CHEVALIER , bas à M. Tircfort.

Écoulez, je m'en vais vous proposer de m'arracher une dent fausse que j'ai , et vous la tirerez tout de suite. Je vous la montrerai. Faites semblant devons en aller.

M. TIREFORT.

Oui, monsieur le Chevalier, (ii veut s'en aller.)

LE CHEVALIER

Attendez. (AMM.WassbruchetRossboch.) Mcssicurs, cct hommclà méfait venir une idée , pour boire à la santé de l'empereur, qui vaudra bien mieux que celle que vous avez eue pour le roi de France. Donnez, donnez vos verres, (iiieurverieàboirr.^

M. ROSSFOCH.

Qu* est-ce que vous voulez dire ?

LA DENT. 55 l

LE CHEVALIER

Nons avons déchiré nos manchettes pour le roi , il s'agit de nous (aire arracher chacun une dent pour la santé' de Tempereur. Allons , je commence. Monsieur Tirefort , arrachez-moi

une dent, (il lui montre.)

M. TIREFORT.

Cela va être fait dans l'instant, (ii prend son outil.)

M. WASSBRUCH. /

Mais , monsieur Cheval Sainl-Glair.

(M. Tirefort montre la dent qu'il a arrachée.) LE CHEVALIER.

C'est hien. Allons , à vous monsieur Rosshoch.

M. ROSSBOCH.

Monsieur, je ferai pas.

LE CHEVALIER

Comment?

M. WASSBRUCH.

Non, monsieur, il ne doive pas faire , ni moi aussi.

LE CHEVALIER

Ah , parbleu , messieurs , quoi ! pour Tempereur, vous me refusez 7

M. ROSSBOCH.

Écoutez-vous donc un raison.

LE CHEVALIER

Je n'écoute rien, monsieur. Je me fais arracher une dent à la santé de l'empereur, parce que je suis à son service : vous y êtes aussi , vous devez suivre mon exemple.

M. ROSSBOCH.

Mais mon dent il fait point le santé à l'empereur.

LE CHEVALIER

Et ma manchette, que fait-elle au roi de France? Enfin vous devez faire ce que j'ai fait , puisque j'ai fait ce que vous avez voulu.

M. WASSBRUCH.

Non, monsieur, vous donne point le loi chez nous.

LE CHEVALIER

Nous verrons , messieurs .

M. WASSBRIJCH.

Vous ne verrez point.

LE CHEVALIER

Cela vous plaît à dire. Allons , monsieur Rossbocli , asseyez-vous.

M. WASSBRUCH.

Il s asseyera pas, monsieur.

LE CHEVALIER

Je vous dis que je le veux.

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