SCENE IV
MU« DE SAINT-MARTIAL, M. DE MARBEAU, Dame MONIQUE.
M. DE MARBEAU, en dehors.
Monique , Jean , ouvrez donc l
Allons , allons.
M. DE MARBEAU
Eh î venez vite.
DAME MONIQUE , ouvrant la porte.
Eh bien , eh bien ! Eh , mon dieu î qu'est-ce que vous avez donc 7
M. DE MARBEAU, entrant, et se jetant dans un fauteuil.
Ah ! ah î des voleurs ....
DAME MONIQUE
Des voleurs?
M. DE MARBEAU
Oui , des voleurs qui m'ont poursuivi dans la petite ruelle j j'ai cruqu'ils me tueraient.
DAME MONIQUE
Bon, des voleurs! Il ny en a jamais eu dans ce vUlage-ci.
M. DE MARBEAU
Elle va me soutenir. ...
l'habit neuf. 435
DAME MONIQUE
Eh , mon dieu , comme vous voilà ! Il faut que je vous donne un verre d'eau. (Elle va prendre un verre d'eau.)
M. DE MARBEAU
Je suis donc bien changé? Qu'en dites-vous , mademoiselle?
m"« de SAINT-MARTIAL.
Mais , je vous trouve toujours tout de même.
dame MONIQUE.
Tenez, buvez-moi cela. (ElIedonneàboireàM.deMarbeau.) M. DE MARBEAU, après avoir Lu.
Cela me rassure un peu.
DAME MONIQUE
Mais qu'est-ce que c'est donc ?
M. DE MARBEAU
Je vous dis , des voleurs qui couraient après moi dans la petite rue. Je crois qu'ils étaient une douzaine 5 je ne sais pas d'où ils venaient j jai eu une peur que j'ai cru que je n'arriverais pas jusqu'ici.
DAME MONIQUE
Ne vous ont-ils rien pris ?
M. DE MARBEAU
Ils ne m'ont pas approché.
DAME MONIQUE
Allons, allons, ce ne sera rien. Mellez-vous à votre aise; je m'en vais vous donner votre robe-de-chambre.
M. DE MARBEAU
C'est bien dit. Après cela je parlerai à mademoiselle de Saint-Martial.
DAME MONIQUE
C'est bien pressé I Allons , ôlez votre habit.
Aussi-bien il me fait mal ; car les habits neufs , quand on n'y est pas accoutumé , c'est toujours comme cela, (il ôie son habit.) Donnez-moi mon mouchoir et ma tabatière.
436 l'habit IXEUF.
DAME MONIQUE
Cest peut-être votre habit qui aura tenté les voleurs.
M. DE MARJBEAU.
Je le crois comme cela.
DAME MONIQUE
Tenez, voilà votre robe-de-chambre.
M. DE MARBEAU
Donnez donc le bras droit. (lI met sa robe-de-chambre.) DAME MONIQUE.
Voulez-vous votre bonnet de nuil?
M. DE MARBEAU
Non, non, je ne vais pas me coucher encore.
DAME MONIQUE
Ah! oui, c'est vrai. (On frappe bien fort.) M. DE MARBEAU.
Qu'est-ce que c'est donc que cela? (On frappe plus fort.)
DAME MONIQUE
Ce sont peut-être les voleurs qui viennent jusqu'ici. (lU ont
tous la plus grande frajeur.)