LA MARQUISE, LE COMTE, JULIE, LAFRANCE
LAFRANGE.
M. le comte de Bel ville.
LA MARQUISE
Julie , restez ici , et observez-le.
JULIE
Oui, madame.
LA MARQUISE
Ah, Comte, c'est vous?
LE COMTE
Madame , je me reprochais d'avoir passé hier la journée sans vous voir : j'ai été à la campagne, et j'ai voulu m'en dédommager aujourd'hui en venant de bonne heure.
JULIE, bas à la Marquise.
Vous devez être contente.
LA MARQUISE
Vous avez été à la campagne? Vous ne m'en aviez rien dit.
Je Tavais oublié. Je craignais de ne vous pas trouver aujourd'hui. (Il s'assied.)
LA MARQUISE
Pourquoi cela? Vous deviez être bien sur de l'impatience que j'aurais de vous voir ; quand on aime véritablement , qui peut nous intéresser assez vivement pour le préférer à l'objet de notre amour?
LE COMTE
Ceci n'est pas un reproche , j'espère?
LA MARQUISE
Non , pourquoi vous en ferais -je? vous n'en méritez sûrement pas.
LE COMTE , troublé.
Non, madame. Et je crois (|ne vous me rendez trop de justice pour penser autrement de moi.
LA MARQUISE
S'il m'arrivait jamais de pouvoir vous soupçonner d'infidélité, je me le reprocherais comme un crime.
LE COMTE, avec embarras.
Oui,... vous avez raison... C'en serait un k vous, (il se lève.)
LA MARQUISE
OÙ allez-vous donc?
LE COMTE
Je reviendrai^ c'est que....
Comte?
LE COMTE
Madame?
LA MARQUISE
Je connais votre impatience....
LE COMTE
Mon impatience?
EMPOISONNEMENT. tJQ
LA MARQUISE
Oui, la contrariété vous est insupportable, je le sais.
LE COMTE, intrigué.
Je ne vois pas à propos de quoi vous me dites cela,
LA MARQUISE
Cependant je n'ai point à me plaindre de vous : vous avez eu l'attention de me cacher combien elle vous faisait souffrir.
LE COMTE
Mais,... sûrement.