‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 77 sur 255 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

M. DE SAINT-MAUR , M»eDE L'ÉPIINE, M. LEROIND, Dame FRAINÇOISE.

m', de saint-maur.

Eh bien, ma nièce, qu est-ce que c'est que celte colère? quavez-vous donc?

m"« de l'épine.

Mon oncle , je veux sortir tout-à-rheure de cette maisonci,

M. de saint-maur.

Mon ami , qu'es t-ce que cela veut dire?

M. LEROND

Moi, je n'y comprends rien,.

dame FRANÇOISE.

Allons, vous êtes trop bon, vous. Je m'en vais vous expliquer cela, monsieur de Saint-Maur.

m''^ de l'épine.

Monsieur prétend que vous prenez avec moi des libertés —

M. DE SAINT-MAUR

Moi?

Oui ; eh bien , où serait le mal avec sa nièce? Il aurait raison -y et si j'avais un oncle , je ne voudrais pas qu'il se gênât avec moi.

M. DE SAINT-MAUR

Expliquez-moi donc...

DAME FRANÇOISE

Tenez, monsieur de Saint-Maur, monsieur se met toujours en robe-de-chambre ouand il est chez lui : voilà la sienne que j'ai apportée tantôt ; il n'a pas voulu la mettre , parce qu'il m'a dit qu'il lui venait du monde : moi je sais que cela le eêne.

l66 LA ROBE-DE-CHAMBRE.

M. DE SAINT- MAUR

Eh bien?

M. LEROND

Eli bien , voilà tout ; elle dit vrai .

M^'e j)j; l'épine.

Non, ce n est pas cela.

M. LEROND

Pardonnez-moi, mademoiselle j je vous ai demandé les libertés du mariage.

M. DE SAINT-MAUR , riant.

Les libertés du mariage?

M. LEROND

M^e DE l'Épine.

Vous voyez bien qu'il en convient.

M. LEROND

Parbleu , sans doute.

M. DE SAINT-MAUR

Qu est-ce que vous vouliez dire?

M. LEROND

Eh ! qu elle me permît de me mettre à mon aise , en robede-chambre. Il me semble que cela se dit comme cela.

M. DE SAINT-MAUR

Pas Ipu jours.

M. LEROND

Pour moi , c'est ma manière.

M"e DE l'Épine.

Quoi , c'était là ce que vous vouliez dire?

M. LEROND

Oui , mademoiselle j qu'est-ce que vous aviez donc entendu?

m'Ic DE l'Épine.

Rien^ monsieur.

DAME FRANÇOISE s

On ne se fâche pas pour rien.

M. LEROND

Dites donc ce que vous aviez entendu.

M. DE SAINT-MAUR

Allons , allons voir votre jardin.

M. LEROND

Je le veux bien , si cela convient à mademoiselle.

DARIE FRANÇOISE

Oui^ mais mettez toujours votre robe- de-chambre, et moquez-vous du qu'en dira-t-on .

M. LEROND

Non , je ne veuxpas.

M. DE SAINT-MAUR

Allons, ne faites point de façons. (Ilsort avec mademoiselle de l'Épine.)

M. LEROND

Puisque vous le voulez

DAME FRANÇOISE, lui donnant sa robe-de-chambre.

Vous voyez bien que j'avais raison de vous dire que c'était une pie-grièche : nous avions bien affaire de l'avoir ici! Mais vous n'en faites jamais qu'à votre tête, malgré tout ce que je vous dis.

M. DE SAINT-MAUR , dehors.

Eh bien , venez- vous?

M. LEROND

Oui , oui, me voilà.

(Ils sortent.)

ET

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