SCENE IX
M°>eDE LA TASSE, Miie CÉCILE, M. DUTROUILLET, M. DUCROC, M. DUCORNET, M. DUPONT, LOUIS.
M™« DE LA TASSE
Comment donc , messieurs, qu'est-ce que c'est que ce bruitlà?
M. DUCORNET
Madame , vous arrivez à propos pour faire rendre à Ducroc une bague que cet homme-là lui a volée.
M™e DE LA TASSE.
Quoi, monsieur, chez moi?
M. DUTROUILLET.
Madame, vous ne me connaissez pas j je viens pour être votre gendre; je m'appelle Dutrouillet.
M. DUCORNET
Je vous dis , madame , que c'est un voleur.
ET LES FRIPONS. ig5
Wme DE LA TASSE.
Comment?
M. DUCORNET
Oui , madame , il ne voulait pas me payer cinquante louis que Je lui ai gagnés .
'M™e DE £A TASSE.
Quand cela 7
M. DUCORNET
Ici, tout-à-rheure.
M™e DE LA TASSE.
Quoi , monsieur, vous êtes joueur ? et vous jouez si gros jeu encore?
M. DUTROUILLET.
JNon, madame, ne croyez pas
M. DUCORNET
Comment , vous osez soutenir
M'"e DE LA TASSE.
Un moment, messieurs: il peut être joueur* mais je ne crois pas qu'il soit un voleur. Comment est faite votre bague, M. Ducroc?
M. DUCROC.
C'est une pierre jaune, entourée.
M™e DE LA TASSE.
Eh bien , monsieur Dutrouillet n a qu'à se fouiller.
M. DUTROUILLET, désespéré.
Ail , c'est bien traître celui-là I
M™« DE LA TASSE
Comment , vous ne le vouiez pas?
M. DUTROUILLET.
Pardonnez-moi , madame.
M. DUCROC.
Cela n'est pas nécessaire 5 je la lui ai vu mettre dans sa bouche^ il n'a qu à l'ouvrir.
M. DUTROUILLET.
Mais
M°ie DE LA TASSE.
Allons, monsieur, ouvrez la bouche.
M. DUTROUILLET.
Eli bien , oui , madame , j'ai une bague ; mais c'est la mienne: la voilà. (Il tire la bague de sa bouche.) Monsicur Ic Sait bicu. M°^^ DE LA TASSE.
C'est celle de M. Ducroc. (EiieiadonneàM. Ducroc.) MoDsicur, je vous prie de ne le pas faire arrêter. Son père est un trèshonnéle homme, qui ne mérite pas d avoir pour fils un coquin.
M. DUCROC.
Madame , c'est en votre considération que je ne lui ferai rien .
Mais, madame, pouvez-vous croire que votre gendre
M™e DE LA TASSE.
Mon gendre, un voleur! mon gendre! Non, misérable , tu ne léseras jamais.
M. DUTROUILLET.
Si vous vouliez m'entendre
M. DUCROC.
Madame, puisque monsieur n'épouse pas mademoiselle Cécile , vous savez les propositions que je vous ai faites.
IVI™e DE LA TASSE.
Oui , monsieur, je les accepte de tout mou cœur.
M. DUPONT, se levant.
Ah , madame , arrêtez !
M™e DE LA TASSE.
Quoi donc 7
M. DUCROC.
Que voulez-vous dire, monsieur ?
M. DUPONT
Que je vais tout découvrir. Oui , messieurs, vous êtes deux fripons.