LES PRÉCÉDENTS, FIRMIN
MAITRE FEUILLET. Ah ! monsieur Firmin ne nous trompera pas, lui. Voyons, monsieur Firmin, dites-nous oui ou non, y a-t-il des coups d'Etat?
FiRMix (reculant d'étonnement). Mes amis, qui est-ce qui peut vous entretenir de choses pareilles ?
CAMUS (d'un air joyeux). C'est égal. N'est-ce pas qu'il y en a?
FIRMIN (ne pouvant s'empêcher de rire). Il a l'air enchanté ! Vous perdez donc la tête?
LE PÈRE CHAUVEAU. Le brigadier voudrait nous faire croire qu'il n'y en a pas encore.
FIRMIN. Comment! père Chauveau, vous aussi?
LA MÈRE RELLAiT. Mais, mousicur Firmin, moi de même. Nous en voulons tous. Pour ma part, c'est douze écus que ça m'économisera.
GÉRARD. Et moi donc, près de quarante écus ! c'est tentant.
FIRMIN (au brigadier). Mettez-moi donc au fait. J'y perds mon latin.
LE BRIGADIER (s'cfforçant de sourire). Imaginez-vous, monsieur, qu'ils comptent sur les coups d'Etat pour ne plus payer de contributions.
FiRMm. Ah! bah!
LE BRiG.ADiER. Ils sont drôles dans ce pays-ci.
FIRMIN. Mais comment ces bruits-là sont-ils arrivés jusqu'à eux?
LE BRIGADIER. La plupart des curés prêchent là-dessus. Nous n'avons pas reçu l'ordre de faire taire les curés.
FIRMIN. Ils se mêlent de tout.
LE BRIGADIER. Et puis comme le député qui doit dîner chez votre parrain a parlé avec lui de coups d'Etat, j'ai dit à ce»