FIRMIN, CAMUS, LE BRIGADIER
CAMUS. Monsieur Firmin , il s'en vont en riant ; ils font ben; rire est toujours une bonne chose; mais moi, j'ai dans l'idée qu'il y a queuque anguille sous roche. Ces coups d'Etat ça ne peut pas n'être qu'une bêtise. On n'invente pas de ces inventions-là dans les villages. D'où ça est-il venu?
FIRMIN. Vous le saurez peut-être trop tôt.
LE BRIGADIER. J'ai cru deviner, d'après ce que monsieur de Saint-Chéron et le député se disaient, que pour faire aller les coups d'Etal, il faudrait employer la force brutale. La force brutale, ce serait nous.
FIRMIN. Oui, si vous agissiez brutalement.
LE BRIGADIER. Je suis marié; je suis arrondi; ma femme est grosse; j'ai réfléchi; je quitte l'uniforme. Qu'en pensezvous ?
FIRMIN. Je pense que si vous faites cela , on dira que c'est le comité directeur qui vous l'aura conseillé.
CAMUS. V'ià ce que je voulais vous demander. Queu que c'est donc au juste que ce comité directeur? Depuis queuque temps nous n'entendons parler que de ça. Qu'est-ce qu'est làdedans?
FIRMIN. Ceux qui veulent et ceux qui ne veulent pas, ceux qui menacent et qui ont peur, ceux qui n'ont pas peur et qui