MADAME BOUVARD, LAURENT
MADAME BODVARD. Ce Sera assez pour prendre patience jusqu'au dîner.
LAURENT. Si ce pauvre Francelet avait eu un déjeuner comme cela à la place de son méchant haricot de mouton, il aurait bien pris patience aussi, j'en suis sûr.
MADAME BOUVARD. Vous ne pouvez pas dire que monseigneur ne se soumet pas; il n'y a rien de gras dans tout ce qu'on vient de nous nommer. Otez la soumission ; supposez que chacun puisse faire à sa guise, il n'y a plus de péchés; alors il n'y a plus de religion. J'ai été bercée là-dedans, je connais tout cela comme ma poche.
LAURENT. Je m'en vas, je m'en vas, parce qu'il y a des choses qui me démontent.
MADA.ME BOUVARD. Vous êtes douc pour la révolte?
LAURENT. Un haricot du mouton, une révolte!
MADAME BOUVARD. Tout cst daus le précepte Abstiens-toi.
LAURENT. Monseigneur s'abstient-il avec le déjeuner qu'il va faire?
M.ADAME BOLTVARD. Il s'abslieut commc un archevêque.
LAURENT. Ceux qui n'ont pas le bonheur d'être archevêques devraient s'abstenir encore moins; il ne sont pas tenus à donner l'exemple.
M.U)AME BOUVARD. Laurent, vous me faites frissonner.
LAURENT. Cela ne m'empêchera pas de parler à monseigneur. Ce n'est pas lui qui a renvoyé Francelet, c'est le grand-vicaire. Je m'y prendrai de toutes les façons pour me faire écouter ; je verrai du moins ce que Son Éminence me dira.
JU.DAME BOUVARD. Hcureusement pour vous Son Eminence n'est pas trop fine, mauvais sujet, sans cela elle devinerait bien vite d'où vous vient ce beau zèle.