‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 158 sur 382 · SCÈNE ï · texte numérisé non relu

SCÈNE ï

M. VERMONT, madame VERMONT.

MADAME VERMONT. Eiifin, monsieup, vous devez être satisfait. Monsieur Lori, votre gendre, veut bien s'en rapporter à la décision d'un tribunal de famille sur les griefs qu'il reproche à voire fille. Cet auguste tribunal s'assemble aujourd'hui, et, d'ici à une heure, nous allons avoir la comédie.

M. VERMONT. Peut-ou appeler comédie une chose aussi sérieuse que celle-là ?

MADAME VERMONT. C'est VOUS qui l'avez rendue sérieuse. Si vous ne vous en fussiez pas mêlé, le mari et la femme se seraient arrangés comme cela arrive dans tous les ménages.

M. VERMONT. Je VOUS dis que non. Je n'avais marié ma fille, moi, que pour ne plus en être chargé, et c'est tout le contraire. Je n'ai jamais été plus occupé d'elle que depuis qu'elle est madame Lori.

MADAME VERMONT. Bast ! bast ! vous avez été occupé d'elle parce que vous l'avez bien voulu.

M. VERMONT. C'est pour m'impatienter sans doute que vous feignez d'oublier jusqu'où monsieur Lori voulait pousser cette affaire. Vous savez pourtant qu'il avait porté plainte contre ma fille, et que, sans les démarches que j'ai faites, notre famille pouvait être livrée au plus affreux scandale.

MADAME VERMONT. Il n'y aurait pas eu plus de scandale ^u'il n'y en a maintenant.

M. VERMONT. Mais alors pourquoi tant de gens viennentils me dire: «Quoi! monsieur Vermont, vous laisserez poursuivre cette séparation? vous ne chercherez pas à faire entendre raison à votre gendre? votre fille n'est-elle pas votre fille? » Que répondre à cela? je vous le demande.

MADAME VERMONT. C'est embarrassant.

M. VERMONT. Avouez que c'est embarrassant. Il y a beaucoup de choses comme cela qu'on ne fait que pour les autres.

MADAME VERMONT. Et VOUS cfoyez que vous allez tout faire rentrer dans l'ordre au moyen de votre petit tribunal de famille?

M. VERMONT. J'aurai fait du moins ce que je peux faire ; et, ma foi ! quand j'aurai donné cette satisfaction au public, il en adviendra ce qui pourra. Ce n'est pas que dans le fond de l'âme je ne préférasse voir ma fille et son mari vivre d'accord ensemble.

MADAME VERMONT. Ce serait mieux, mais c'est impossible.

M. VERMONT. Parce que le mari est un entêté.

MADAME VERMONT. Et parce quc la femme...

M. VERMONT. La femme, la femme est peut-être un peu

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