MADAME DURAND, MADAME LEDOUX, M. TAUPIN
M. TAUPIN. Les bonnes tantes sont les premières arrrivées. Qu'est-ce que l'on dit donc? Notre tribunal ne sera composé que de six personnes ; c'est bien pauvre.
MADAME LEDOUX, Mousieur Vermonl n'a pas fait des invitations très-pressantes.
M. TAUPIN. Je vous demande pardon ; il est venu trois fois
chez moi. Il n'avait pas besoin de prendre tant de peines; je ne me fais jamais prier pour ces sortes d'affaires. N'est-on pas trop heureux de pouvoir contribuer à remettre la paix dans les familles? Mois rien que six personnes!
MADAME DURAND. C'est tout jugé d'avance, ce procès-là.
M. TAUPiN. Nous les renverrons les meilleurs amis du monde.
MADAME DURAND. VoUS CroyeZ ?
M. TAUPIN. Sans doute. On fera un petit résumé des griefs réciproques
MADAME DURAND. Réciproques!
M. TAUPIN. Oui, oui, réciproques. Dans un ménage qui va mal, le mari n'a pas tous les torts.
MADAME DURAND. MoD neveu n'en a aucun.
M. TAUPIN. Quoi! vous donnez raison à Lori?
MADAME DURANT). Vous regardez peut-être sa femme comme une innocente?
M. TAUPIN. Tout ce que je puis dire, c'est qu'elle est fort aimable. Quoique je ne sois que son cousin, elle ne m'appelle jamais que son petit oncle, cette chère enfant!
MADAME DURAND. Yoilà uue grande cause de prévention en sa faveur.
M. TAUPIN. Mais oui ; car je ne suis son oncle qu'à la mode de Bretagne. Au surplus, le jury décidera qui d'elle ou de son mari a tort ou raison.
MADAME LEDOUX. Lojury! quel jury?
M. TAUPIN. Est-ce que nous n'allons pas faire un petit jury? Tout ce qui m'inquiète c'est le choix d'un rapporteur. Mais, j'y pense, nous avons le procureur du roi. Ah ! quel homme d'esprit que celui-là!
MADAME DURAND. ^Monsieur Beaunoir un homme d'espril! Fntendez-vous, ma sœur?
MADAME LEDOUX. Nous l'avous peu VU : mais, malgré sa grande réputation, tout ce que je puis dire, c'est que ma sœur et moi nous l'avons trouvé bien médiocre.
M. TAUPIN. Oh! mais avec des femmes!
MADAME DURAND. CoHiment ! avec dcs femmes?