SCÈNE IV
MADAME LEDOUX. Nous ne serons pas là pour l'entendre.
MADAME DURAND. Allons, ma sœur.
MADAME LEDOUX. Allons, ma sœur; puisque vous le voulez, mes deux petits orphelins auront ma fortune.
MADAME DURAND. Je ne suis pas mystérieuse, moi; mon testament en faveur de Coco est fait depuis longtemps.
MADAME LEDOUX. Je le savais, ma sœur.
MADAME DURAND. Vous le saviez ! Par qui? Je n'en ai fait confidence qu'à Coco. Je le vois, vous êtes adroite à tirer les
vers du nez. Ce garçon est naïf C'est affreux , ma sœur,
c'est épouvantable! Pourvu que vous n'ayez pas fait un mauvais usage de l'inconséquence de cet enfant !
MADAME LEDOUX. Eh! mou Dieu , ma sœur, quelle idée avez-vous donc de moi ?
MADAME DURAND. Eh! mon Diou, ma sœur, je vous connais si bien ! Il y a peut-être dans la ville cent personnes pour qui ce secret n'en est plus un.
MADAME LEDOUX. Qucl intérêt aurais-je eu à le divulguer, puisque je suis dans le même cas? Mon testament en faveur de mes orphelins est déposé depuis un an chez un notaire de Paris.
MADAME DURAND. Ah I soumoise !
MADAME LEDOUX. M'en voulcz-vous cucore?
MADAME DURAND. Vous me déshéritiez à la sourdine.
MADAME LEDOUX. Je n'ai fait que suivre votre exemple. Voici monsieur Taupin. Remettez-vous, ma sœur; vous avez le visage tout en feu.