‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 165 sur 382 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME LEDOUX. Nous ne serons pas là pour l'entendre.

MADAME DURAND. Allons, ma sœur.

MADAME LEDOUX. Allons, ma sœur; puisque vous le voulez, mes deux petits orphelins auront ma fortune.

MADAME DURAND. Je ne suis pas mystérieuse, moi; mon testament en faveur de Coco est fait depuis longtemps.

MADAME LEDOUX. Je le savais, ma sœur.

MADAME DURAND. Vous le saviez ! Par qui? Je n'en ai fait confidence qu'à Coco. Je le vois, vous êtes adroite à tirer les

vers du nez. Ce garçon est naïf C'est affreux , ma sœur,

c'est épouvantable! Pourvu que vous n'ayez pas fait un mauvais usage de l'inconséquence de cet enfant !

MADAME LEDOUX. Eh! mou Dieu , ma sœur, quelle idée avez-vous donc de moi ?

MADAME DURAND. Eh! mon Diou, ma sœur, je vous connais si bien ! Il y a peut-être dans la ville cent personnes pour qui ce secret n'en est plus un.

MADAME LEDOUX. Qucl intérêt aurais-je eu à le divulguer, puisque je suis dans le même cas? Mon testament en faveur de mes orphelins est déposé depuis un an chez un notaire de Paris.

MADAME DURAND. Ah I soumoise !

MADAME LEDOUX. M'en voulcz-vous cucore?

MADAME DURAND. Vous me déshéritiez à la sourdine.

MADAME LEDOUX. Je n'ai fait que suivre votre exemple. Voici monsieur Taupin. Remettez-vous, ma sœur; vous avez le visage tout en feu.

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