SCÈNE m
M. (iiGOï. CoinuiLMil suis-je plus riche? C'esl grâce à la forlune de ma femme. Je suis un des grands propriétaires de mon département, grâce à ma femme. Vous ne vous faites pas idée combien il est pénible de n'être quelque chose que grâce à sa femme. Quand je serai pair de France, que diable! il faut espérer que ce ne sera plus grâce à elle. C'esl surtout ce qui m'a tenté.
M. ROBERT. Ce sera en partie grâce à la fortune qui vous est venue par elle.
M. GIGOT. C'esl désolant, ce que vous dites là, parce qu'il y a un fonds de vérité que je cherche à me dissimuler quelquefois. Que vous êtes heureux, mon clier ami, de n'avoir rien reçu de la vôtre 1 Vous ne lui entendez pas répéter sans cesse : Ma maison, ma terre, mes gens, ma voiture. C'est au point que quand la mienne dit : Ma lille, je suis quelque temps à me ravoir avant de penser que j'y suis au moins pour moitié. Si on me nomme pair de France, ce sera bien moi qui le serai, pour le coup. Elle ne pourra pas me dire : Ma pairie.
M. ROBERT. Pourquoi pas?