SCÈNE XX
personne très-respectable qui, dans le peu de temps qu'elle a eu l'honneur de vous voir, a pris pour vous la plus sincère estime.
M. DE NORMOXT. J'en suis fort reconnaissant ; mais le mariage de mon neveu étant impossible, je nesais plus comment m'excuser de m'être présenté sans motif dans une maison où je n'avais pas été invité.
FERXAXD. Si toutes les personnes que l'on reçoit étaient d'une société aussi agréable que la vôtre, monsieur...
M. DE XORMONT. J'ai l'air de n'être venu à la suite de madame de Gennetines que par désœuvrement, faute de mieux. Je n'ai pas l'habitude de laisser disposer de moi aussi légèrement, et je veux m'expliquer avec elle.
FERNAXD. Vous alIcz brouilIcr ensemble deux sœurs qui peuvent finir par se rapprocher un jour.
M. DE NORMOXT. Vous Connaissez bien madame de Gennetines. Madame de Gennetines ne se rapprochera jamais de qui que ce soit, à moins qu'elle n'ait besoin de se rapprocher, et seulement pour le temps qu'elle en aura besoin. Elle va voir que je ne suis pas tout à fait aussi ingénu qu'elle se l'était figuré. Elle rentre avec monsieur votre père; laissez-moi, je vous prie, monsieur Fernand.
FERNAXD. Pourquoi m'avez- vous forcé d'être indiscret?
M. DE NORMOXT. Soyez tranquille, je n'en abuserai pas.
FERNAXD. Laissez passer ce premier moment d'humeur.
M. DE XORMOXT. NoM , je me connais; si je laissais passer le premier moment , je n'en trouverais pas un second ; je retomberais encore sous le joug; il faut que cela finisse. La voici ; nous allons voir.