SCÈNE XX
MADAME DE GENNETINES, LE GÉNÉRAL; M. DE NORMONT et FERNAND dans le fond du théâtre.
MADAME DE GENNETINES (sans voir Fernand ni M. de Normont). J'ai pourtant dans l'idée (jue celte personne vous aurait convenu.
330 LES DEUX SœURS.
LE GÉNÉRAL. D'après ce que vous me faites l'honneur de me dire, c'est encore une personne qui voudrait conserver l'administration de sa fortune; ce serait toujours la même chose. Ma foi, je veux prendre le temps de respirer avant de rentrer dans le mariage ; j'en sors.
MADAME DE GENNETiNES. Vraiment, général, vous répondez comme si on cherchait à vous faire violence; mais la personne dont je vous parle n'est peut-être pas plus pressée que vous.
LE GÉNÉRAL. Oh! alors , c'est fort bien, nous pourrons nous retrouver plus tard. (Apercevant son fils et M. de Norraont.) Vous êtes là, mon fils? Il est temps de regagner nos pénates. Remerciez madame qui voulait vous donner une Lelle-mère.
MADAME DE GENNETiNES. Je ne voulais rien du tout. Notre conversation a pris cette direction ; j'en aurais autant aimé une autre; il s'agissait de passer le tem.ps de la promenade.
LE GÉNÉRAL. Permettez-moi donc un peu de me vanter devant mon fils; il doit croire que je suis tout à fait hors de rang à mon âge! Eh bien! messieurs, il n'en est pas moins vrai que j'avais à ma disposition une très-aimable dame, riche, charmante de tous points, et que j'ai fait le cruel. (Il rit.) Je n'en suis pas moins reconnaissant, madame, de vos offres généreuses, et si je venais à me raviser, je vous prierais de vouloir bien me continuer vos bontés auprès de votre amie.
(Il sort avec son fils.)