‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 276 sur 382 · SCÈNE XXIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIII

MADAME DE GENNETINES, madame DELORME.

MADAME DELORME. Vous nous quittez déjà, ma sœur?

madame de GENNETINES. Oui, ma sœur. Je croyais ne faire qu'une saison aux eaux ; mais mon médecin, à qui j'ai écrit l'état de ma sanlé, m'ordonne impérativement, dans sa lettre de ce matin, de partir tout de suite.

madame DELORME. Je ne savais pas que vous dussiez prendre les eaux.

MADAME DE GENNETINES. Je ne parle jamais de ces choseslà qu'à la dernière extrémité : aux indifférents , c'est tout simple, et aux personnes qui ont quelque amitié pour moi, dans la crainte de leur causer de l'inquiétude.

MADAME DELORME. Vous n'avez pas d'autre motif pour quitter ma maison ?

MADAME DE GENMETiNES. Qucl autre motif pourrais-jc avoir, ma sœur? Ne m'avez-vous pas comblée de soins et d'attentions de toute espèce? Croyez que j'en suis très-reconnaissante; mais vous savez que rien n'est impérieux comme une mauvaise santé.

MADAME DELORME. J'étais loiu de penser que vous fussiez malade.

336 LliS DEUX SOEURS.

aiADAME DE (jE.NKEiiNES. Honiblemenl, ma sœui'. lelle que vous me voyez, je suis si soutirante (jue je vais me coucher, essayer de dormir; et comme il serait possible que je ne me levasse demain que pour monter en voiture, et que je pars à cinq heures du matin , dans le cas où je n'aurais pas le plaisir de vous voir, je vous fais mes adieux.

MADAME DELORME. Mais, ma sœur....

MADAME DE GENNETINES. Nou, nou. Adieu, adieu.

(Elle s'en va.)

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