SCÈNE IV
M. LOUCHET. Monsieur le sous-préfel ne signe pas tout de suite?
LE SOUS-PRÉFET. Non.
M. LOUCHET. Il me semblait qu'il y avait urgence.
LE SOUS-PRÉFET. Il VOUS semblait mal. Je puis vous assuref que cette lettre est inutile.
M. LOUCHET. Inutile, si l'on veut que le scandale ait lieu; mais SI l'on a l'intention de le réprimer
LE SOUS-PRÉFET. Monsieur Louchet, il me semble que ma décision suffit.
M. LOUCHET. Aussi, monsieur, n'est-ce que par le désir de vous conserver le plus longtemps possible que je crains de vous voir compromettre votre responsabilité. Je suis persuadé que monsieur le sous-préfet a d'excellentes intentions; mais la connexité de ses opinions avec les opinions...
RICHARD. Achevez, monsieur Louchet; avec les opinions de gens qui pensent mal. iN'esl-ce pas cela que vous voulez dire?
M. LOUCHET. Je ne suis pas républicain, moi, messieurs; je le déclare hautement. J'ai horreur des gouvernements qui tuent.
CHARLES. Fi donc, tuer ! c'est comme les tyrans. Il vaut mieux faire mourir en prison ; c'est plus naturel.
LE SOUS-PRÉFET. Charles, je ne permets pas les applications détournées.
CHARLES, Je suis sûr que monsieur Louchet avait déjà fait cette réflexion-là.
M. LOUCHET. Monsieur, du moment qu'on mange le pain d'un gouvernement, on ne doit plus réfléchir.
JULES. Voilà un axiome que tu ne ferais pas mal de méditer, Auguste.
M. LOUCHET. C'est singulier, messieurs, vous êtes tous amis de monsieur le sous-préfet, et je ne puis pas dire un mot dans son intérêt sans que vous ayez l'air de me tourner en ridicule.
uiCHARD. Mais distinguez-vous bien ce qui est dans son intérêt?