‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 325 sur 382 · IV · texte numérisé non relu

IV

398 LE SOUS-PKiilET.

M. LOUCUET. C'est de conserver sa position, je suppose.

RICHARD. Et s'il lui était indifférent de la perdre?

M. LOUCHET. Ah! mon Dieu!

LE SOUS-PRÉFET. Ne les écoutez pas, monsieur Louchet. * M. LOUCHET. liulifférent de perdre une place! Cela ne s'est jamais vu, à moins qu'on ne soit sûr qu'un autre gouvernement vous en récompensera.

CHARLES. C'est ce qui vous reste à deviner.

M. LOUCHET (avec inquiétude). Le gouvernement actuel existe toujours?

LE SOUS-PRÉFET (de l'air le plus grave). Plaît-il, monsieur Louchet?

M. LOUCHET. C'est qu'à entendre ces messieurs...

LE sous-FRÉFET. Mes amis peuvent tout se permettre devant moi, surtout en sortant de table; je connais le fond de leur cœur comme le mien. Mais vous, monsieur Louchet, je ne vous aurais jamais cru capable de mettre en doute si le gouvernement actuel existait encore.

M. LOUCHET. Monsieur le sous-préfet me rendra la justice de croire...

LE SOUS-PRÉFET. Quand vous serviez le Directoire, vous aviez confiance dans sa durée, n'est-il pas vrai?

M. LOUCHET. Comment croire qu'un gouvernement qui se renouvelait par cinquième ne fût pas éternel !

LE SOUS-PRÉFET. Quand vous serviez l'Empire, pensiezvous que vous assisteriez à sa chute ?

M. LOUCHET. Avec tant de gloire, cela était impossible.

LE SOUS-PRÉFET. Quand vous serviez la Restauration, vous aviez foi dans son avenir?

M. LOUCHET. Quatorze siècles de légitimité, monsieur le sous-préfet !

LE SOUS-PRÉFET. Eh bien! monsieur, de votre aveu, vous avez cru à la durée de tous les gouvernements qui vous ont employé, et vous mettez en doute si le gouvernement actuel existe encore ! Je ne veux pas vous embarrasser, mais comprenez-vous les inductions que je pourrais tirer de vos paroles? J'aime à croire que vous n'en avez pas pesé la valeur, et je

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