‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 365 sur 382 · MONSIEUR URBAIN, MADAME URBAIN · texte numérisé non relu

MONSIEUR URBAIN, MADAME URBAIN

M. URBAIN. Mon enfant, fais-nous souper tout de suite. MADAME URBAIN. Tuasfaim?

M. URBALN. Oui.

MADAME URBAIN. Tant mjeux, ça se trouve à merveille ; tu n'attendras pas longtemps. As-lu chaud? (Elle lui passe la main sur le front.) Mais oui. (Elle lui essuie la îigure avec une serviette.) Bois un peu de vin pur. (Elle lui verse du vin dans un verre.) Je reviens.

M. URBAIN (tirant sa montre). Neuf heures et demie ! J'ai encore une grande heure devant moi ; c'est bon. Son mari est de garde aux Tuileries ; il ne peut pas revenir.

MADAME URBAIN (apportant deux petits pains), As-lu été au spectacle?

M. URBAIN. Non. Mais qu'est-ce que c'est donc que ces jolis petits pains-là? C'est comme on en donne dans les cafés.

MADAMiî URBAIN (sc pose devant lui en lui prenant les favoris). Regardez-moi dans les yeux, monsieur: mieux que cela. On dirait que tu n'oses pas me regarder.

M. URBAIN. Tu me tires trop la barbe.

MADAME URBAIN (se mettant les mains derrière le dos). A présent je ne vous la tire plus; regardez-moi.

M. URBAIN. Je te regarde.

MADAME URBAIN. N'avez-vous rien à vous reprocher?

M. URBAIN (déconcerté). A me reprocher !

MADAME URBAIN. Oui, mettez la main sur la conscience.

M. URBAIN. Je ne sais pas ce que tu veuv dire.

MADAME URBAIN. Cherchez bien.

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