SCÈNE V
M. URBAIN. Il paraît que tu es bien économe le jour de ta fête; à peine si tu m'as mis du sucre.
MADAME URBAIN'. Tu HG t'en serais pas soucié, je suis sûre.
M. URBAIN (d'un ton d'impatience.) Quelle diantre de conversation as-tu été nous chercher là?
MADAME URBAIN. Elle cst venue je ne sais comment. Ce n'est pas l'embarras, il y a l)ien des ménages où elle ne serait guère de mise. Mais à nous d'eux, nous pouvons parler de tout, n'est-ce pas, petit doux-doux? Le voilà comme une àme en peine; il grille de s'en aller avec ses vilains camarades.
M. URBAIN. Tu crois cela !
MADAME URBAIN. Non. Je ne connais pas ta figure. (Elle se lève et va s'asseoir sur les genoux de son mari.) Quelle heure est-il? (Elle lui tire sa montre..) Dix heures un quart. Ah ! il est temps de partir. Attends, attends encore un peu.
(Elle son.)
M. URBAIN (seul). Me voici sans savoir ce que je dois faire.
MADAME URBAIN (un peigne à la main). Je veux l'arranger tes cheveux et tes favoris qui sont tout ébourilTés.
(Elle se rassied sur ses genoux et le coille.;
M. URBAIN (se défendant). Laisse donc.
MADAMK URBAIN (continuant). Tu es le beau du quartier, il faut conserver ta réputation. Je veux que tu me fasses honneur.
M. URBAIN. Si tu savais comme tu me fais mal I
MADAME URBAIN. A peine si je to touche. Allez-vous-en, allez-vous-en. Mais tâche, mon petit, de ne pas trop boire de punch. Jl paraît qu'il y en a toujours dans les soirées de corps de garde.
M. URBAIN. N'aie pas peur.
MADAME URBAIN. Je te douue jusqu'à minuit. C'est bien suflisant.
M. URBAIN. Je parierais que tu vas m'allendre.
.MADAME URBAIN. Noil, nou. Seulement fermo bien la poihi et ne perds pas la clef. Va, mon ami, et amuse-toi.
M. URBAIN. Je vais baisser la lampe, alin de retrouver de la lumière quand je rentrerai.
MADAME URBAIN. C'est bien.