‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 39 sur 382 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

soiinable qu'à ireiilo ans ; je les aurai le 12 juillet de l'année prochaine.

MAITRESSE GiRAUD. Et tu voudrais attendre!

FRANÇOIS. Qu'en pensez-vous? Ça ne serait-il pas plus sûr? Je ne crains rien tant que de passer pour un trompeur.

MAITRESSE GIRAUD. Tu ne le seras pas, François! lu ne le seras pas ! c'est moi qui l'en réponds.

FRANÇOIS. En vérité?

MAITRESSE GIRAUD. Je ne l'ai jamais connu comme aujourd'hui. Tu as un cœur parfait.

FRANÇOIS. On ne dirait pas ça de tout le monde.

MAITRESSE GIRAUD. Tu seras un excellent mari.

FRANÇOIS (la prenant à bras le corps). Oh! Quant à ça...

MAITRESSE GIRAUD, Ce n'est pas comme lu l'entends, François.

FRANÇOIS. Pourtant, petite mère...

MAITRESSE GIRAUD, Non, Frauçois. Si lu ne devais être hon mari que comme lu l'as dans l'idée, je n'aurais seulement pas pensé à toi. Tu seras bon mari parce que lu as jeté ton feu, que te voilà raisonnable, que je n'ai plus de craintes à avoir.

FRANÇOIS. Quand je disais que je me corrigerais ! Vous voyez bien ; ça m'arrive au moment où je m'y attendais le moins.

MAITRESSE GIRAUD. Toi, Frauçois, lu serais incapable de rendre une femme malheureuse. Mais bien convenu que lu ne parleras plus aux lilles; c'est fini à présent.

FRANÇOIS. Une fois marié , qu'est-ce que je pourrais leur dire? D'ailleurs, un fermier! Ce sera gentil tout de même que tu sois ma petite femme; je n'en serai pas fâché, parce que je pourrai me lever à l'heure que je voudrai. Quand nous marions-nous?

MAITRESSE GIRAUD. Tu as les papiers?

FRANÇOIS. Ah! mon Dieu , rien ne nous arrête.

MAITRESSE GIRAUD. Remcrcie-moi donc, au moins.

FRANÇOIS (avec malice). Faut-il vraiment que je te remercie? (Il l'embrasse). Tiens, voiK» ton remercîment. Mais nous

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ferons une noce, une belle noce. Il n'y a pas à dire; je ne veux pas avoir l'air de nous cacher.

MAITRESSE GiBAUD. De (juoi donc nous cacher? Ali! n'aie pas peur. Je voudrais bien savoir où sont les fermiers de ce pays-ci qui ont meilleure mine que toi. Va, va, je n'ai pas envie de faire les choses à la sourdine. Certainement que nous aurons une noce, et je cours de ce pas chez monsieur le curé, afin qu'il nous mène ça bon train. Au revoir, mon homme.

FRANÇOIS (seul). Ce malin, je n'étais bon qu'à pendre; elle m'épouse ce soir. Il n'y a rien comme une tête de femme qui a un peu d'expérience. Les jeunes filles ne vont pas si vite :

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