‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 41 sur 382 · MADEMOISELLE MODESTE, ROUSSEAU · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE MODESTE, ROUSSEAU

ROUSSEAU. Eh bien ! le voilà Rousseau. Que lui voulezvous donc de si pressé?

MADEMOISELLE MODESTE. Douns vitement un coup de balai

ROUSSEAU. Ce n'est que cela. Je croyais que le feu était à la maison.

(Il sort.)

MADEMOISELLE MODESTE. Je voudrais déjà savoir quelle figure a notre jeune maître. Un colonel! ça doit être beau, ça doit être aimable, ça doit être galant. (A Rousseau, qui rentre avec un balai.) Rousseau, je ne veux plus qu'on m'appelle gouvernante. C'était bon du temps de noire vieux ; mais cela ne ressemblerait à rien à présent que ce château appartient à un jeune homme. Je serai concierge, femme de charge, comme on voudra, mais pas gouvernante. (Elle brosse les sièges tandis que Rousseau balaie.) Nous allons voir du changement, mon garçon, un grand changement.

ROUSSEAU. Tant pis. Je nous trouvais bien comme nous étions.

MADEMOISELLE MODESTE. AVBC le défunt.

ROUSSEAU. Je ne pense plus au défunt; il y a six mois qu'il est mort ; mais avec mademoiselle Emma qui est une maîtresse si gentille. J'aurais voulu n'en changer jamais.

MADEMOISELLE MODESTE. Mademoiselle Emma n'a jamais été notre maîtresse. Le défunt l'a instituée gardienne de ses biens jusqu'à ce que son neveu vînt les réclamer; mais voilà tout. Ce n'est qu'une étrangère.

ROUSSEAU. Etrangère ! une demoiselle que monsieur aimait comme sa fille, qu'il soignait comme la prunelle de ses yeux, et qui ne lui a jamais rien coûté, oui-da; car je suis témoin que monsieur a dit plus de vingt fois que le père de mademoiselle Emma, en lui envoyant sa fille pour la faire

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