IV
M. DUFLOS. Elles pâliront devant les vôtres.
MADAME d'yvari. Ne plaisantez pas. S'il ne fallait que vouloir dans les affaires, je n'aurais besoin de personne assurément. Mais il y a des formes, souvent de la mauvaise foi. Ce serait bien le moment de revoir ce testament. Je ne sais pas ce qui distrait Emma; mais je parierais qu'elle a oublié qu'elle était sortie pour le chercher.
M. DUFLOS. Je l'ai sur moi.
(Il lire un papier.)
MADAME d'yvari. Voilà ce qui s'appelle un homme exact.
M. DUFLOS. Prévoir tous vos désirs est mon unique affaire.
madame d'yvari. El de la littérature avec cela! Voyons
le testament.
M. DUFLOS (lisant entre ses dents). Hum, hum, hum. (Haut.) .Ah ! m'y voici.
« Bien que je n'aime pas, et que je n'aie jamais aimé mon
» neveu Charles-Hippolyte Sinclair » C'est la haine des
Atrides.
MADAME d'yvari. En affaires, je ne m'attache qu'au positif. Passez les phrases.
M. DUFLOS. « Comme il est mon plus proche parent, et que » tous les biens que je possède me viennent de notre famille )) commune, je l'institue mon légataire universel, à la charge » de payer les pensions que je fais à mes domestiques. »
MADAME d'yvari. QucUe sottiso de laisser des pensions à ces gens-là! Je dis au contraire aux miens : Aimez-moi bien de mon vivant, car après moi vous n'aurez rien.
M. DUFLOS. Cependant l'espoi^r de ne pas être oubliés les lient en respect; ils sont plus attachés.
MADAME d'yvari. Pas du tout. On les paie en conséquence, tant pour être aimé, tant pour être respecté. Continuez.
M. DUFLOS. (( Que je fais à mes domestiques, et d'acquitter ï) (ceci nous regarde) et d'acquitter la seule dette que je re- » connaisse et dont je fais la déclaration dans les termes sui- » vants :
» Lorsque ma chère Emma de Castelbon me fut envoyée » par son père, il me fit tenir une somme de quarante mille