IV
MATHLRIN, THOMAS, MATHURINE.
MATHURINE. Vous êtes encore à boire, vous autres?
THOMAS. Ah! mon Dieu, non. Je nous désolons au cun- Iraire, le voisin et moi.
MATHURINE. Sui" quoi (lonc que vous vous désolez?
THOMAS. Sur ce qu'il est obligé d'aller à la ville, au sujet d'un marché de blé qu'il a fait.
MATHL'RLNE. C'est-i vrai, ça, Mathurin?
THOMAS. Puisque je vous le dis, voisine.
MATHURINE. C'est donc venu comine un accident? Tout à l'heure il n'en était pas question. Parle donc, Mathurin; lu prendras la bourrique pour ne pas te fatiguer.
THOMAS (à pari). Elle donne là-dedans.
MATHURINE (à part). 1 me croit sa dupe. (Haut à Mathurin.) Tâche de revenir de bonne heure, au moins.
THOMAS. A'e l'attendais pas aujourd'hui ; i ne reviendra que demain.
MATHURINE. Que demain ! 11 a donc ben affaire? Je veux aller avec toi, d'abord je ne veux pas te quitter si longtemps. Que demain ! Je mourrais d'ici à ce temps-là.
THOMAS (bas à Mathurin). Voyez-vous la simagrée! Queu que je vous disais?
MATHURINE. Nous emmèneroDS Gervais.
MATHURIN (avec humeur). Quoi que lu dis de Gervais?
MATHURINE. Je dis que nous l'emmènerons avec nous, pour qu'il ne s'ennuie pas, ce pauvre garçon.
MATHURIN (même ton). Je ne veux emmener personne.
MATHURINE. Tu n'iras pas tout seul. N'y a pas de sûreté à cause du bois.
THOMAS. Pourquoi voulez-vous qu'il ait peur du bois?
MATHURINE. C'est vrai qu'i ne faut pas aller si loin pour trouver de mauvais garnements.
THOMAS. Queu qu'elle entend par là?