SCENE VIII
MATHURiNE (d'uii ton patelin). Vous l'accompagnerez, voisin Thomas, vous qui êtes un si bon ami.
THOMAS (à part). On dirait qu'elle se cloute.
MATHURINE. Je vas toujours te chercher ta blouse pour te tenir chaud en route.
MATHURix. Je n'ai besoin de rien.
MATHL'RIXE. Alors, mon petit homme, pars pu tôt que pu lard, pour être arrivé avant la nuit.
THOMAS (bas à Mathurin). Elle voudrait déjà vous voir ben loin.
MATHURiXE. Malhurin, j'ai là un chiffon de lettre pour madanie Langlois de la poste; veux-tu t'en charger? Je ne devais l'envoyer que demain; mais puisque voilà une occasion, elle l'aura plus vite. Prend ben garde de la perdre, au moins.
THOMAS. Donnez, voisine. (Bas à Mathurin.) Prenez toujours. Nous trouverons ben moyen de l'envoyer. (Haut.) Allons; venez-vous-en. Adieu, madame Mathurine.
(Il entraîne Maltiurin qui s'échappe pour parler à sa femme.)
MATHURIN (bas à Mathurine). Écoute, Mathurine, retiens ben ce que je vas te dire : tout le temps que je serai dehors, ne quitte pas not' fille Thérèse.
MATHURINE. N'aie pas peur, va; je saurai ben l'empêcher de parler à Gervais.
MATHURIN (à part). Gervais! et toujours Gervais! (11 va pour s'en aller et revient.) Embrasse-moi, ma femme. N'estce pas que tu m'aimes? T'aurais tort de me faire du chagrin. Adieu. Embrasse-moi encore. (A par en s'en allant.) C'est mauvais ce que je fais. N'y a plus à s'en dédire.
(11 sort avec Thomas.)