SCÈNE IX
LOUISE, LE COMTE DE FONBREUIL , entrant d'un autre côté.
LE COMTE
Je venais savoir des nouvelles du commandeur.
LOUISE
11 est guéri , et il est retourné à son poste.
LE COMTE
Profitons de l'occasion , et faisons causer cette femme. ( Haut. ) Vous êtes au service de madame la comtesse ?
LOUISE
Non , monsieur , mais je lui suis très-aitachée.
LE COMTE
Ah!
LOUISE
LE COMTE
Eh , dites-moi en confidence, madame la romtcs.so acquitte-t-elle bien ses mémoires ?
LOUISE
Je me trouve fort bien pa^éc de tout ce que j'ai fait pour elle j mais pourquoi me faites-vous celte question?
LE COMTE
Je ne vous le cache pas , un de mes amis a des projets sérieux sur madame la comtesse ; et comme les femmes de qualité ne sont pas toujours très-exactes à paver celles qu'elles emploient , et que c'est un moyen excellenlpour connaître leur fortune et l'ordre qu'elles entretiennent dans leur maison , de questionner leurs
fournisseurs , j'ai pris la liberté de vous faire eelte demande.
LOUISE
Votre ami est donc ini homme intéressé ? LE COMTE.
Pas du tout , mais il est bien aise de savoir si ccîlc' qu'il se propose d'épouser a une fortune réelle. Il y a du luxe dans cette maison ^ mais tout ce qui reluit n'est pas or , et je désirerais avoir là-dessus des renseigupraens positifs. Votre figure honnête , votre maintien décent ont entraîné ma confiance , et je vous prie de me répondre.
LOUISE
Vous me faites des questions auxquelles je ne puis satisfaire en ce moment ^ qu'il vous suffise de savoir que je me tiens heureuse de la servir , et quel que soit le sort qui l'attende , elle pourra toujours disposer de tout ce que je possède. {A paH.^ Ah ! pauvre Vic-
lorine.
', Elle sort. ;
LE COMTE
Rien ne manque à cet éloge , la comtesse de Merval a conservé sa fortune... je l'aime et je l'épouserai ; mais pour la faire décider pi^omptement je vais feindre un mouvement de jalousie,- ce moyen est excellent pour la faire expliquer : elle vient ^ allons , faisons le passionné et le jaloux.
4o TOUT CE QUI RELUIT