VICTORINE, LOUISE
VICTORINE
Ma sœur !...
LOUISE
Quel sinistre projet formez-vous ? ( FAle aperçoit la lettre. ) Vous avez écrit... ( Elle lit quelques mots.) Vous voulez?...
VICTORINE, avec calme et noblesse.
Mourir.
LOUISE, vivement.
Tremblez, ou nous écoute.
VICTORINE
Qui?
LOUISE
Dieu. Il vous ordonne de vivre. O ! ma chère Victorine , reprends cette croix. C'est le présent de la plus tendre mère, elle te le donne encore... (Elle lui présente la croix. )
VICTORINE, avec égarement.
Ma mère !... elle m'appelle , elle m'attend,
LOUISE
Quand Dieu l'aura voulu. Tu parles de notre
mère... lie l'ofifense pas par ton desespoir, son ombre erre autour de toi... je la vois... ne la vois-tu pas?...
VI CTO RI NE
Où me cacher ?...
LOUISE
Dans les bras de ta sœur , de ta sœur qui ne veut plus te quitter, qui respecte tes préjugés , qui peut te doter un jour , et qui te servira de mère. Viens avec moi Victorine , le luxe, la vanité ne sont pas le bonheur ; crains les conseils de l'orgueil , n'écoute que ceux de la raison ^ elle te dit. Que, s'il existe parmi les nobles des hommes intéressés et faux , on en trouve aussi de généreux et de délicats. Coupabled'une inconséquence, voudrais-tu t'en punir comme d'un crime honteux 5 jeune , belle , sage , pourquoi renoncer à la vie, pourquoi la quitter sans en avoir rempli les obligations.^ Sois épouse, deviens mère , conforme tes désirs à ta situation , lutte avec le malheur , n'attache plus tes destinées aux chimères de l'orgueil ; et la modération , le travail et mes soins te rendront bientôt la paix , le repos et le bonheur. ( Elle lui passe la croix. )
VICTORINE
Je cède à tes conseils , et je vois que je n'ai pas perdu ma mère.
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