‹ Proverbes dramatiquesChapitre 39 sur 122 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le théâtre représente un salon , dans le fond des fenêtres à balcon , sur la gauche une toilette , un grand fauteuil.

GEORGET

Lie m. de Clénord, ce vieux militaire galant et co- .quet , est un ben brave homme : dame aussi , je le sers de mon mieux ; et non-seulement je suis son jardinier , son valet de chambre , mais je m'occupe encore du service de mademoiselle Sophie sa fille , et c'est ben là le plus fort de ma be.'iogne. J'ai moins de peine à cultiver toutes mes plantes , à redresser tous mes arbres, qu'à élever cette petite fleur-là. II. 9

i3o LE VIEUX

Quelle lete ! quel caractère ! du matin au soir ellii querelle M. Eugène ; et stilà qu'est le fils de madame Saiui-llemi , cette veuve à laquelle M. Clénord en a conté autrefois , ce M. Eugène est un petit taquin ! Dans nos campagnes , ce n'est pas ainsi que les jeunes garçons et les jeunes tilles se font la cour. Quand j'approche de celle-là qui me plaît, je li donne une grande tape sur l'épaule 5 oli ! la laide que je li dis 5 oh ! le vilain qu'a me répond. Eh ben î ces petites gentillesses , ça réveille.

Am : Ah ! que je sens d'impatience.

Quand j'apcrc'vais ma ménagère Je n'approchais point à petits pas ; J'ii disais , donne ta main , ma chère , Et pis j'ii tordions le Lias.

Comme al' était alerte , alerte , mou amie , Soudain ail' me flanquait Un bon soufflet.

Et moi qui la trouvais jolie , Tout aussitôt j'ii ripostais.

Puis elle me battait Elle m'égratignait, Air me pinçait; Ensuite une tape par ci , une tape par la. Et ben!...

Cle lape [bis), au cœur tout droit allait.

Chut, j'aperçois M. Clénord; il est encore en ijonnet de nuit; allons, faut que j'préside à sa toile lie.

COQUET. ,3r

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