DUO
Air : De Marianne.
ENSEMBLE
Pour apprendre , il faut qu'on s'applique ; Et vous n'étudiez jamais.
SOPHIE
Dans le dessin ?
EUGÈNE
Dans la musique Vous faites fort peu de progrès.
SOPHIE
Point de chaleur , Point de couleur , Tous vos -portraits sont à nous faire peur.
EUGÈNE
Et vous d'honneur, Point de douceur , Jamais le chant chez vous ne part du cœur.
ENSEMBLE
En vain on voudrait vous reprendre ,
Autant en emporte le vent; Vous m'enseignez et bien souvent Vous feriez mieux d'apprendre.
EUGÈNE, avec dépit.
Voilà de jolies dispositions poiir une écolière.
SOPHIE
Voilà uu ton bien doux pour un professeur.
EUGÈNE
Mais, mademoiselle...
SOPHIE
Si vous m'apprenez la musique, je vous enseigne le dessin. Je vous avais donné à faire une tête , celle de TH^men.
EUGÈNE
Le beau choix !
SOPHIE
Voyons comment monsieur a dessiné la tète de l'Hymen.
EUGÈNE, montrant son dessin.
Voyez.
SOPHIE
Ah ! mon Dieu , quelle figure !
i44 LE VIEUX
Air : La vérité perd ses attraits.
Je vous donnai Thymen charmant Qui règne au jardin d ïdalie, Par sa grâce et son cnjoiiment Sa figure était embellie ; Et vous, sans choix , sans examen, Et ne suivant qu'un goûl bizarre, Vous donnez au dieu de l'hymen La douceur du dieu du Tartai-e.
EUGÈNE
La figure de l'Hymen me déplaît , et je prévois tous les chagrins que ce Dieu me donnnera.
SOPHIE
Vous les mériterez, peut-être.
EUGÈNE
Vous êtes consolante.
SOPHIE
Comme vous êtes galant.
EUGÈNE
Mademoiselle veut-elle chanter sa romance ?
SOPHIE, jetant son cahier de musique.
Vous m'impatientez.
COQUET. t45
EUGÈNE
Le joli caractôi'O !
SOPHIE, (Ic'cfiirant 1.1 musique.
Je suis sans goût pour la musique, j'en convieiis.
EUGENE, ilethirant son dessin.
Je n'ai pas de dispositions pour le dessin , je l'avoue.
Comme il est emporté !
EUGÈNE
La mauvaise têteî