‹ Proverbes dramatiquesChapitre 79 sur 122 · EST UNE SECONDE NATURE · texte numérisé non relu

EST UNE SECONDE NATURE

Le comte de Monval doit être habillé avec une élégance recherchée. Son ton est railleur, un peu impertinent même; et le mépris qu'il a pour les enrichis doit percer à travers ses politesses affectées.

Christophe de Bourgeval aura des manières communes , et conservera dans ses habitudes quelques allures de son ancien état. Il doit s'étudier à faire claquer sa langue et son fouet. Quoiqu'à la campagne , il aura des bijoux à la mode , des bagues , un gros solitaire à sa chemise. Dans le cours de son rôle, il offrira du tabac dans une énorme boîte d'or. Les gens devenus riches n'oublient jamais ces détails.

L'abbé Dorimon a le ton faux , mielleux et mystique : à table , il parlera plus naturelle-

264 NOTICE SUR L'IIAr,ITUDE, etc.

ment. Il est très- gourmand ; et , tandis qu'il mange d'un plat, il doit en convoiter un autre.

Antoine de Viltrose a moins de prétentions que Christophe : il est commun avec bonhomie : ce ton doit préparer la fin de son rôle.

Madame Bourgeval doit justifier par sa démarche toutes les observations de Monval ; elle doit surtout imiter dans sa danse la manière des danseuses de profession, qui ne ressemble en rien à celle des personnes de la société.

Madame de Viltrose doit parler avec cette voix que se sont faite les tragédiennes de province. Ce rôle est plus chargé et moins mignard que celui de madame Bourgeval.

La scène de table où les valets de la maison contrefont leur maître pourra se passer , si les amateurs manquent. Picard se mettra seul à table, et imitera tous les personnages, en prenant le dialogue de la scène.

L'HABirUDE

EST UjSE seconde NATURE,

Page 1