‹ Proverbes dramatiquesChapitre 80 sur 122 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le théâtre repre'sente une salle à manger, meublée richement , les fenêtres du fond donnent sur un jardin , et l'on aperçoit la route.

PICARD, seul

CiE monde est une chose assez singulière! les uns montent , les autres descendent ; ceux-ci trottent en avant , ceux-là en arriùre ; il n'y a que moi qui resl»^' toujours à la même place. Fils d'un ancien cocher , je conduis encoi'e la voilure de M. Christophe de Rourgeval , le propriétaire de ce château , qui a commencé lui-même à se montrer sur le siège d'un carrosse. Et qui m'a appris cela.'' C'est M. le comte de Monval , ce noble ruiné dès sa naissance , et dont le couvert esi toujours mis chez de riches bourgeois -, il leur aide à dissiper leur fortune «n se moquant d'eux encore : il est vrai que sa conversation est amusajite . et qu'il

a une merveilleuse adresse pour deviner ce que les gens ont été autrefois 5 il soutient que la fortune a beau faire , elle ne décrasse pas entièrement un vilain , elle laisse toujours dans 1rs manières ou dans la conversation quelque trace du passé ^ il appelle cela la force de V habitude , ce que je désignerais par ce proverbe : la caque sent toujours le hareng. Mais le voici.

Page 1