SCÈNE VIL
LOUISE, seule.
Ah I que la vanité est ridirule ! ma pauvre sœur... elle pense s'élever, et elle s'abaisse — et ce M. de Fonbreuil qu'elle croit généreux, désintéressé, je ne l'ai entrevu qu'un moment , il n'a dit qu'un seul mot, et déjà je crois le connaître. Victorine, dont l'imagination est ardente, exaltée, lui suppose des qualités bien rares aujourd'hui , et qu'il n'a pas sans doute 5 que fera-l-elle en découvrant la vérité ? comment supporte-
ra-t-elle l'amour trompé , l'oigueil humilié?... A quel
excès son désespoir ne la portera-t-il pas ? Elle est
capable d'attenter à ses jours!... Veillons, veillons sur elle. O! mamqre, où es-tu?... Que ton autorité lui serait utile ! que ta prévoyance lui épargnerait de fautes !.. Ah! du séjour céleste ou lu vis encore , entends ma prière.... inspire-moi cette sagesse tendre, cette douce prudence qui faisait aimer jusqu'à tes reproches , et qui donnait à tes conseils le charme de la persuasion. O ma mère!... je m'adresse à toi... Le noble sang que tu m'as transmis n'est point dégradé par les efforts que j'ai faits pour échapper à la misère -, et le travail qui nous soustrait à la pitié , à la honte , est un devoir que lu m'as toujours enseigné... Eh bien, je redoublerai d'efforts 5 et quoique l'expérience m'apprenneque l'intérêtne respecte rien, que l'or flétrit tout , je doterai ma sœur du travail de mes mains , et son bonheur sera ma récompense 5 qu'eutends-je? C'est le commandeur.... comme il est essoufîlé... comme il crie... qu'a-t-il donc ?...